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Une vidéo très préoccupante sur les OGM

Jean-Pierre Largillet, le 08 février 2007

269 visites  - 7 vote(s) -

"Une vidéo très préoccupante sur les OGM…. C’est un peu long mais fort instructif !" nous signale D.L., un de nos lecteurs . Ce document, intitulé "Les OGM sont ils dangereux pour la santé? L'étude qui accuse" peut être visionné sur video.google.fr :

 

Pour 90 MINUTES, Michel Despratx raconte l’histoire d’une étude secrète sur un maïs OGM. "Sous couvert du secret industriel, le ministère de l’Agriculture français n’a pas voulu rendre public les résultats, alors qu’ils sont inquiétants. Cette étude montre que le maïs OGM a provoqué des lésions sur les organes des rats de laboratoire qui en ont mangé. Comment une agence gouvernementale française, chargée de veiller à la santé des citoyens, ainsi que les instances européennes, ont-elles pu donner leur feu vert à cet OGM en connaissant cette étude", est-il commenté en accompagnement de la vidéo.

 

 
 
Les réactions
1 . Le Jeudi 22 Février 2007 à 11h02 , par professionnel des semences
l'étude qui désinforme
• Une « fausse histoire de censure »

Depuis quelques jours circule un message électronique invitant à visionner une vidéo sur les OGM intitulée « Les OGM sont-ils dangereux pour la santé ? Le rapport qui accuse », produite par Canal Plus et prétendument censurée par la chaine qui refuserait de le diffuser. L’émission est censée démontrer les effets nocifs des OGM sur les rats de laboratoire qui l’ont consommé au cours de tests. Ces résultats auraient de surcroit étés gardés secret par les autorités concernées.
Or, la vidéo en question est un reportage diffusé sur la chaîne cryptée le 15 novembre 2005 dans l’émission « 90 minutes ». Paul Moreira, alors aux commandes de l’émission le reconnait d’ailleurs volontiers et précise dans Libération (le 7 février 2007) qu’« à cause de cette fausse histoire de censure, ce doc a été vu par deux fois plus de gens qu’à la télé ».

Mais par-delà le canular, un rappel de la chronologie et des conclusions des instances scientifiques françaises et européennes consultées qui contredisent totalement les affirmations des « journalistes d’investigation » est nécessaire.

• Un parti pris biaisé, défavorable aux biotechnologies

La parti pris des journalistes est défavorable, a priori, aux biotechnologies. En effet, dès les premières minutes du reportage, la première définition des OGM qui est donnée est incomplète et anxiogène : « une plante dans laquelle des scientifiques ont introduit un gène venant d'un animal ». Or, aucune culture commerciale OGM actuelle ne contient de gène d’origine animale.
De plus, la plupart des scientifiques interviewés pour accréditer la thèse des journalistes ont été discrédités par la communauté scientifique pour leurs travaux dans ces domaines.


• Comme chaque OGM, le maïs MON863, cité dans le film, a fait l’objet d’une procédure d’évaluation scientifique avant toute autorisation de culture ou de commercialisation

Rappelons que la procédure d’autorisation des OGM prévoit une concertation entre tous les Etats européens et leurs autorités scientifiques compétentes dans ce domaine, sous l’égide de l’EFSA (European Food Safety Authority). En France, les deux organismes appelés à se prononcer en la matière sont la Commission du génie biomoléculaire (CGB) composée d’experts scientifiques de la recherche publique et de représentants de la société civile d’une part, et d’autre part l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) qui réunit uniquement des scientifiques de la recherche publique.


• Les autorités scientifiques françaises (AFSAA et CGB) ont conclu à l’équivalence du maïs MON 863 avec le maïs conventionnel

Avant toute considération, il convient de rappeler que les experts de l’AFSAA et de la CGB ont eu comme il se doit accès à l’intégralité des données du dossier pour pouvoir mener à bien leur évaluation. Contrairement à ce que prétendent les détracteurs, aucune donnée n’a été dissimulée.
La CGB a donc précisément évalué les effets du maïs MON 863 évoqué dans le reportage. Gérard Pascal, alors directeur scientifique pour la nutrition humaine et la sécurité alimentaire à l’Institut national de la recherche agronomique (un organisme public), membre de la CGB, a été rapporteur de cette évaluation. Il précise : « nous avons mis plus d’un an, avec des évaluations successives de plus en plus focalisées, avant d’arriver à une conclusion analogue à celle d’autre comités d’experts comme ceux de l’AFSSA et de l’EFSA », c’est-à-dire constatant l’absence d’anomalie imputable à l’alimentation à base de maïs OGM sur les reins des rats.
Ces évaluations ont été menées par des experts biologistes (le spécialiste mondial de la pathologie du rein du rat de laboratoire y participa). Des contre-expertises ont également été demandées à d’autres experts scientifiques, dont le Professeur A. Parodi, ancien directeur de l’Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort. Elles ont abouti aux mêmes conclusions.

Marc Fellous, actuel président de la CGB rappelle que celle-ci a conclu « que les modifications observées correspondent à des anomalies fréquentes chez le rat de laboratoire et n'ont pas de signification quant à la toxicité du maïs OGM. La CGB a donc conclu à l'absence de risque pour la santé par rapport à un maïs conventionnel », au cours des séances des 9 et du 23 novembre 2004. En d’autres termes, les « anomalies » qui auraient soit disant été gardé secrètes sont traditionnellement observés chez les rats de laboratoires, qu’ils soient nourris avec du maïs ou non, qu’il soit génétiquement modifié ou non. Cette étude permet de conclure à l’absence d’effets potentiels du maïs MON863 sur la santé, animale ou humaine.
Outre les conclusions des experts, les résultats de cette étude ont fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique à comité de lecture .

Marc Fellous a jugé que ce documentaire « manque d'objectivité, et accumule les erreurs et les inexactitudes ». En jouant sur les peurs et en mettant en scène une prétendue censure, il n’aura guère participé à l’objectivité du débat sur les biotechnologies et aura jeté le discrédit sur des informations scientifiques rigoureuses.

Les professionnels des semences et de la protection des plantes

 
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