5G et robots de téléprésence : une nouvelle ère pour l'éducation inclusive
Lancé - à l'IMREDD de Nice, le projet européen "5G METRO" mené par Université Côte d'Azur en partenariat avec Orange et Awabot, déploie un réseau 5G privé hybride et des robots de téléprésence pour permettre aux étudiants empêchés par la maladie ou un handicap de suivre leurs cours comme s'ils y étaient. Une première en France et en Europe dans l'enseignement supérieur.
C'est une première à l'échelle française et européenne. Le 29 mai, Université Côte d'Azur, Orange et la société lyonnaise Awabot ont officiellement lancé le projet "5G METRO"(pour Merging Education, Telecommunications and Robotics Outreach) en présence de Jeanick Brisswalter, président d'Université Côte d'Azur, François-Xavier Rey, directeur d'Orange Sud-Est, et Jérémie Koessler, président d'Awabot. Cofinancé par l'Union Européenne, ce projet ambitieux vise à transformer l'expérience éducative pour les étudiants empêchés (hospitalisés, en situation de handicap ou à mobilité réduite) en leur permettant de participer aux cours à distance grâce à des robots de téléprésence connectés en 5G, avec un niveau d'immersion inédit. (Photo WTM : lors de la présentation, de gauche à droite, le robot de téléprésence, Jeanick Brisswalter, François-Xavier Rey et Jérémy Koessler).
Un réseau 5G privé hybride à l'IMREDD
Le cœur technologique du projet repose sur le déploiement d'un réseau 5G privé hybride (MPNH pour Mobile Private Network Hybrid) au sein de l'IMREDD, l'Institut Méditerranéen du Risque, de l'Environnement et du Développement Durable d'Université Côte d'Azur, qui sert de site pilote. Orange, leader français des réseaux mobiles pour la quinzième année consécutive selon l'Arcep, assure ce déploiement d'infrastructures ultra-performantes, garantissant une connectivité sans latence et une mobilité fluide des robots sur le campus, sans interférence avec le réseau existant de l'établissement. Dix robots Awabot sont déjà en service : sept à l'IMREDD et trois à Polytech Sophia Antipolis pour des tests avec des étudiants en situation de handicap.
Les trois cas d'usage mis en oeuvre
Concrètement, trois cas d'usage sont mis en œuvre. La téléprésence augmentée permet aux étudiants de suivre les cours et de participer aux activités de groupe depuis n'importe quel endroit. La téléprésence en mobilité leur donne la possibilité de se déplacer dans les salles et les couloirs via l'écran télécommandé du robot, lequel navigue de façon autonome à l'intérieur d'un même étage. Enfin, la réalité virtuelle ouvre un accès à l'ensemble des ressources universitaires, avec des perspectives d'expérimentations en réalité augmentée. L'étudiant n'a besoin que d'un smartphone, d'une tablette ou d'un ordinateur, et de l'application Beam, pour prendre le contrôle de son robot et rejoindre sa classe.
Préserver le lien avec la classe
Awabot, leader mondial de la robotique de téléprésence avec 8 000 robots déployés et quinze ans d'expertise, apporte à ce projet son savoir-faire éprouvé notamment dans le cadre du programme TED-i du ministère de l'Éducation nationale, qui mobilise aujourd'hui près de 1 500 robots sur l'ensemble du territoire national. Son président Jérémie Koessler a rappelé lors du lancement ce que ce type de dispositif représente au-delà de la simple technologie : “L'objectif, ce n'est pas simplement de maintenir les apprentissages. C'est de préserver le lien avec la classe, avec les camarades, avec la vie scolaire. Quand la technologie devient fluide et invisible, l'élève peut simplement redevenir un élève comme les autres.”
La qualité du réseau, élément essentiel
La qualité du réseau est précisément la pierre angulaire de cette ambition inclusive. Fluidité des échanges, stabilité vidéo, capacité à interagir en temps réel : autant de paramètres que la 5G privée rend possibles là où les réseaux Wi-Fi traditionnels montraient leurs limites. L'IMREDD joue le rôle d'interface opérationnelle entre Awabot et l'université, assurant le déploiement et le positionnement stratégique des robots par étage et par bâtiment (les ascenseurs et les escaliers demeurant, en l'état, des contraintes techniques nécessitant une assistance humaine).
Laboratoire grandeur nature pour la connectivité du service public
Au-delà de l'enseignement supérieur, les porteurs du projet soulignent le potentiel de généralisation de ce modèle. Les réseaux privés hybrides déployés dans ce cadre pourraient demain équiper hôpitaux, commissariats ou tout bâtiment public accueillant à la fois du grand public et des usages métiers exigeants en termes de sécurité et de fiabilité. Une perspective qui fait de ce projet sophipolitain et niçois bien plus qu'une expérimentation universitaire : un laboratoire grandeur nature pour la connectivité du service public de demain.