AdPremier : l'agence de référencement qui surfe sur la révolution de l'IA
Depuis treize ans à Sophia Antipolis, AdPremier a repensé entièrement son métier. A l'heure où les intelligences artificielles bousculent les usages de recherche, elle est passée du SEO, le référencement naturel dans les moteurs de recherche classiques, au GEO, c'est-à-dire la visibilité dans les grands modèles de langage comme ChatGPT, Gemini ou Claude. Le nouveau monde.
Installée depuis 2013 à Sophia Antipolis (d'abord au WTC2, puis route des Dolines), AdPremier s'est imposée au fil des années comme l'une des agences de référence du webmarketing sur la Côte d'Azur. Fondée par Jean-Charles Normant, l'agence regroupe aujourd'hui, avec sa branche B2B Linkforce dédiée aux stratégies LinkedIn, une trentaine de personnes. Fin 2024, elle a rejoint une aventure plus large en s'associant au groupe L2C (Lead to Customer), qui réunit plusieurs agences aux expertises complémentaires : l'acquisition, la data et l'autorité côté AdPremier et Linkforce, la vidéo et la technologie du côté des autres entités du groupe. “L'idée, ce n'était pas d'empiler des agences, mais de réunir des expertises complémentaires”, résume Jonathan Cail, dirigeant d'AdPremier, qui souligne que ce rapprochement est arrivé “au bon moment”, alors que l'intelligence artificielle commençait à faire tomber les frontières entre les différents métiers du digital. (Photo DR : l'équipe AdPremier avec Jonathan Cail -premier rang, au centre).
Le passage du SEO au GEO
Sophia Antipolis reste pour l'agence un ancrage fort, presque identitaire. “C'est le berceau de la tech française, la Silicon Valley française”, affirme Jonathan Cail, qui y voit un atout de crédibilité pour une agence positionnée sur l'IA et l'acquisition digitale, autant qu'un cadre de vie apprécié de ses collaborateurs. Pour se rapprocher davantage de ses clients et candidats venus de Nice, souvent freinés par les embouteillages entre les deux bassins, AdPremier prévoit d'ouvrir dès septembre 2027 une seconde antenne niçoise, en complément de son implantation historique sur la technopole.
Sur le plan de l'activité, AdPremier travaille majoritairement avec des TPE et PME (70 % de ses clients comptent entre zéro et trente salariés), principalement à la recherche de visibilité en ligne, complétées par 30 % d'e-commerçants mobilisant SEO, Google Ads et réseaux sociaux. Mais c'est surtout l'évolution du cœur de métier qui marque le tournant récent de l'agence : le passage du SEO, le référencement naturel dans les moteurs de recherche classiques, au GEO, c'est-à-dire la visibilité dans les grands modèles de langage comme ChatGPT, Gemini ou Claude. “Il y a deux ans et demi, on n'en parlait pas du tout”, note Jonathan Cail, qui observe une fragmentation rapide des usages : les recherches, autrefois systématiquement lancées sur Google, démarrent désormais aussi bien dans un assistant IA, Google lui-même ayant réagi avec ses propres outils, AI Overview et AI Mode.
Un repositionnement sur le conseil stratégique, la donnée et la création
Cette bascule ne signe pas pour autant la fin du SEO, mais impose aux annonceurs de penser leur présence sur l'ensemble des canaux où les consommateurs cherchent et décident : moteurs traditionnels, IA conversationnelles, plateformes vidéo comme YouTube. C'est précisément cette polyvalence que revendique le groupe L2C, en combinant les compétences de création vidéo et d'expertise IA de ses différentes entités. Pour Jonathan Cail, l'enjeu pour les agences n'est plus de vendre du temps d'exécution sur une plateforme publicitaire (un modèle qu'il juge menacé à terme, les plateformes automatisant de plus en plus leurs propres opérations) mais de se repositionner sur le conseil stratégique, la donnée et la création, là où la valeur humaine reste irremplaçable.
Cette transformation se traduit déjà dans les chiffres : le chiffre d'affaires d'AdPremier est passé de 2,6 à 3,2 millions d'euros entre 2025 et 2026, porté par cette montée en compétence plutôt que par une croissance des effectifs. Jonathan Cail défend une vision de l'intelligence artificielle comme un “amplificateur“ plutôt qu'un substitut : sans bonne stratégie ni données fiables en amont, l'IA ne fait, selon lui, qu'accélérer les erreurs. La recette qui fonctionne, insiste-t-il, reste le “cocktail” entre l'humain et la machine avec un technicien qui pilote des agents IA et garde le dernier mot sur leurs recommandations. Une conviction forgée par vingt ans d'évolutions rapides du secteur, depuis l'eldorado du référencement des années 2000 jusqu'à un rythme d'innovation désormais hebdomadaire, qui oblige l'agence sophipolitaine à se réinventer en continu pour rester à la pointe.