Sous le thème “Osons !”, la 26e édition des Assises de la cybersécurité a placé les décideurs face à une double urgence, selon le compte rendu publié le 13 octobre par Guillaume Perissat dans ITforBusiness : regarder les vulnérabilités en face et résister aux promesses de solutions miracles. Dès la conférence d’ouverture, Vincent Strubel a donné le ton : “Plomber l’ambiance, les attaquants l’ont déjà fait.” Pour le patron de l’ANSSI, sécuriser les systèmes est “un chantier colossal qui va prendre du temps et des moyens”, et il serait vain de chercher une “hydroxychloroquine de la cybersécurité”.
Il plaide d’abord pour la transparence : analyser chaque attaque pour ce qu’elle révèle des fragilités des organisations, malgré les “pudeurs” et les réticences. Il demande aussi davantage d’autorité pour imposer certaines mesures, en s’appuyant sur la directive européenne NIS 2, encore freinée par le processus législatif français, et sur le Cyber Resilience Act. Le message vise surtout les directions générales. Les RSSI interrogés par le magazine mesurent déjà l’ampleur et l’ingratitude de la tâche, d’autant que l’IA agentique, poussée par les comités exécutifs et adoptée par les métiers, élargit la surface d’attaque.
Sur l’intelligence artificielle, le directeur général de l’ANSSI s’est montré tout aussi direct. Elle est d’abord un multiplicateur de force pour les attaquants, constat partagé par le général Patrick Touak, chef du commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace. “L’IA, on ne le dira jamais assez, va nous compliquer la tâche”, prévient Vincent Strubel. Face à l’accélération de la menace, il martèle que “les bonnes pratiques de base restent le premier rempart”. Les entreprises doivent certes s’emparer de l’IA, mais à condition d’en objectiver et d’en mesurer les gains, pour sortir d’une approche marketing. Un appel peu entendu dans le hall d’exposition, relève ITforBusiness : rares étaient les stands sans mention de l’IA ou de l’”agentique”, au point que certains visiteurs se disaient “perdus”. Le magazine conclut qu’en cybersécurité, les progrès décisifs reposent moins sur des innovations spectaculaires que sur la répétition des bons gestes, la constance des investissements et la capacité à tenir dans la durée.
- Lire l’article d’ITforBusiness : “Aux Assises de la cybersécurité, à Monaco, l’heure des vérités plutôt que des miracles”