Bill Gates appelle à réserver certains emplois aux humains face à l'essor de l'IA
Dans un long essai publié aujourd’hui sur son blog personnel, le cofondateur de Microsoft met en garde contre des ”temps parmi les plus turbulents de l'histoire humaine” et appelle les gouvernements à agir
Dans un essai de 6 000 mots publié ce mercredi sur son blog, Bill Gates estime que certains emplois devraient être désignés comme “réservés aux humains” afin d'éviter qu'ils ne soient remplacés par l'intelligence artificielle, avertissant que les gouvernements ne sont pas préparés aux bouleversements que la technologie s'apprête à provoquer. Selon le cofondateur de Microsoft, “de nombreux emplois disparaîtront à jamais”, mais les décideurs politiques pourraient “réserver certaines tâches uniquement aux humains”, en particulier pour protéger les travailleurs qui ne peuvent pas facilement changer de métier. (Photo DR : capture d’écran, blog de Bill Gates).
Il compare cette idée aux réserves naturelles : “des lieux où nous pourrions construire des bâtiments et des routes, mais que nous choisissons de préserver parce que la perte serait trop grande” a repris le Financial Times. Bill Gates illustre son propos par un exemple concret, celui d'un robot annonçant un diagnostic médical incurable : “Il n'y a aucune raison technique pour qu'il ne puisse pas le faire. Pourtant, il ne le devrait pas.”
Dans son texte, il plaide pour une coordination mondiale, y compris avec la Chine, sur les questions soulevées par l'IA, tout en exprimant des inquiétudes plus larges : le risque que la technologie ne renforce des acteurs malveillants dans des domaines comme la cybersécurité, son impact potentiel sur le développement des jeunes, ou encore les premiers signaux montrant qu'elle pourrait affecter la pensée critique dans l'éducation. Il évoque également sa propre jeunesse à Seattle, où il avait dû “travailler dur” pour développer ses compétences sociales, doutant qu'il aurait fourni le même effort s'il avait eu un compagnon IA à l'époque.
Aux côtés d'entreprises comme Anthropic et OpenAI, Bill Gates appelle par ailleurs à une refonte radicale de la fiscalité, incluant une taxe sur les robots et sur les “tokens”, ces unités de données traitées par les systèmes d'IA. Il pointe une incohérence du système actuel : “Si vous êtes employeur et que vous embauchez quelqu'un, vous payez des charges sociales sur son salaire. Mais si vous achetez un robot, vous pouvez généralement le déduire immédiatement comme dépense professionnelle. Le système fiscal vous pousse à remplacer les personnes par des machines”, relève ainsi le Financial Times.
Bill Gates conclut sur un avertissement sans détour : “L'IA sera soit le plus grand outil d'égalité jamais inventé, soit la pire source d'injustice. Le défi est colossal.” Une intervention qui vient s’ajouter aux débats sur un éventuel ralentissement dans la course au développement des modèles d'intelligence artificielle (IA) qui se sont intensifiés cet été.
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Actualisation le 27-08-2026 à 9h/ Dans son essai complet publié sur son site Gates Notes, le fondateur de Microsoft cite également des métiers précis qui seront directement impactés. Selon lui, trois professions de bureau devraient disparaître en premier : le support client, le développement logiciel et les assistants juridiques (paralegals). Il anticipe également, d'ici la fin de la décennie, une automatisation croissante dans la construction, l'hôtellerie-restauration et l'industrie manufacturière. Bill Gates s'inquiète particulièrement du sort des jeunes actifs et des postes d'entrée de carrière, citant une étude suisse montrant un recul des offres d'emploi pour les débutants, ainsi qu'une étude de Harvard révélant que les startups "AI-native" recrutent moins de juniors au profit de profils plus expérimentés. À l'inverse, il cite deux exemples de métiers qu'il juge devoir rester "réservés aux humains" quoi qu'il arrive : la garde d'enfants et le rôle de juré. Il évoque aussi le métier d'aidant, en référence à la fin de vie de son propre père, estimant qu'"aucun robot n'aurait pu ou dû" prodiguer ce type de soin. |