Le CHU de Nice lance son Entrepôt de Données de Santé
Outil au service de la recherche et des patients, l'EDS Méditerranée doit permettre des diagnostics plus précis et des prises en charge mieux adaptées pour les habitants des Alpes-Maritimes et de la Corse. Ce lancement constitue la première étape d'une ambition territoriale plus vaste. Une nouvelle ère santé qui s’ouvre.
Une étape structurante pour le développement de la recherche et de l'innovation en santé sur le territoire azuréen : annoncé mardi, c’est ce que représente le lancement de l’Entrepôt de Données de Santé (EDS) par le Centre Hospitalier Universitaire de Nice. Concrètement, un EDS est une infrastructure numérique sécurisée permettant de collecter, centraliser et conserver les données de santé produites dans le cadre du soin (démographie et parcours du patient, traitements administrés, examens pratiqués ou résultats de suivi médical). Ce dispositif, baptisé EDS Méditerranée, s'inscrit dans un projet régional plus large piloté par le Pr Marc-Olivier Gauci, lauréat de la deuxième vague de l'Appel à Projets France 2030, associant plusieurs établissements partenaires : l'APHM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille), l'Institut Paoli Calmette, le Centre Antoine Lacassagne et l'Hôpital Lenval. (Photo DR).
Pour les patients, l'enjeu est directement lié à l'amélioration de leur prise en charge. “Avec l'Entrepôt de Données de Santé, nous transformons cette richesse en un levier concret au service de la santé des habitants des Alpes-Maritimes et de la Corse. Plus de recherche, plus d'innovation, mais surtout des bénéfices directs pour les patients : des diagnostics plus précis, des prises en charge mieux adaptées et une capacité accrue à relever les grands défis de santé publique”, souligne Rodolphe Bourret, Directeur Général du CHU de Nice. La réutilisation encadrée de ces données constitue en effet un levier essentiel pour approfondir les connaissances médicales et accélérer le développement de traitements innovants et personnalisés, notamment grâce à l'intelligence artificielle, avec des avancées attendues sur de grands enjeux de santé publique, la prévention, la chirurgie ou encore les maladies rares.
Cette exploitation des données s'accompagne de garanties strictes en matière de protection. L'EDS Méditerranée du CHU de Nice est déployé dans le respect du RGPD européen et du référentiel EDS de la CNIL, avec des données systématiquement pseudonymisées, c'est-à-dire dépourvues d'identifiants directs remplacés par un code aléatoire. Les patients conservent à tout moment un droit d'opposition à l'accès à leurs données, ainsi qu'un droit de rectification et de limitation du traitement, qu'ils peuvent exercer auprès du délégué à la protection des données du CHU par voie électronique ou postale.
Ce lancement constitue la première étape d'une ambition territoriale plus vaste. Dès à présent, les données de l'EDS Méditerranée pourront être partagées avec les entrepôts du Centre Antoine Lacassagne et de la Fondation Lenval dans le cadre de projets multicentriques locaux, tandis que le dispositif s'appuiera également sur les supercalculateurs et les équipes de recherche de pointe du territoire, notamment l'Institut 3IA Côte d'Azur. À plus large échelle, le projet ambitionne de structurer la recherche multicentrique sur l'ensemble de la région PACA, en y associant l'APHM et l'Institut Paoli-Calmettes. “L'EDS Méditerranée est le fruit d'un travail collectif débuté il y a deux ans. C'est une nouvelle ère pour notre santé”, résume le Pr Marc-Olivier Gauci, pour qui la région se donne ainsi les moyens de viser l'excellence scientifique internationale pour mieux soigner demain.