Cosma : 2,05 M€ de plus pour la surveillance des infrastructures sous-marines sensibles
La deeptech niçoise, hébergée par l'Ifremer à La Seyne-sur-Mer, franchit le cap des 7 M€ levés en dix-huit mois et accueille trois nouveaux investisseurs pour accélérer son déploiement en France et à l'international.
Cosma, sortie de l’incubateur Provence Côte d’Azur en juillet 2025, poursuit sur sa lancée. Un an après un premier tour de table de 2,5 M€, la startup niçoise spécialisée dans l'acquisition et l'analyse de données du fond marin par drones sous-marins autonomes annonce la clôture d'un tour de table complémentaire de 2,05 M€. Cette nouvelle opération porte à plus de 7 M€ le financement total réuni par l'entreprise en dix-huit mois. Elle a été menée par les investisseurs historiques de la société (Ifremer, Ternel, Wind Capital, Caisse d'Epargne Côte d'Azur et 50 Partners), tous réinvestis au-delà de leur quote-part, et rejoints par trois nouveaux venus : Région Sud Investissement, Ring Capital et Sustainable Ocean Alliance. (Photo DR : Fond marin observé sur la plateforme Cosma à partir de données acquises par drones sous-marin autonomes).
Trois axes de développement prioritaires
Fondée en 2022 par Frédéric Mittaine, Yannick Penneçot, Quentin Chenevier et Laura Huguenin, Cosma a développé un système unique de drones sous-marins autonomes capables de naviguer à 1,5 mètre du fond pour produire des images haute résolution et en couleur, permettant une reconstruction 3D photoréaliste du relief et de la biodiversité benthique. Une rupture technologique face au sonar, qui reste la norme en géophysique marine mais n'offre qu'une vision limitée et en noir et blanc des fonds marins.
Ce nouveau financement doit permettre à l'entreprise de poursuivre trois axes de développement prioritaires. Le premier consiste à poursuivre les déploiements en environnements complexes : Cosma entend démontrer les capacités opérationnelles de sa solution dans les conditions les plus exigeantes (visibilité, température, profondeur, courants, obstacles, isolement) afin de servir des besoins et des marchés plus larges, en France comme à l'international. Le deuxième axe vise à s'adapter à la surveillance des infrastructures sous-marines sensibles, en développant des fonctionnalités dédiées à différents modes de déploiement (depuis la côte, depuis des navires d'intervention ou portés par des drones aériens), en intégrant des capacités de positionnement en environnement GNSS-dénié et en renforçant la gestion des données pour répondre aux exigences accrues de confidentialité de ses clients. Le troisième axe porte sur l'intégration de capacités avancées d'inspection autonome : guidages adaptés aux missions complexes, fusion de capteurs, reconnaissance d'espèces et de menaces, ainsi que suivi temporel des sites (time-lapse monitoring), pour gagner en précision, en pertinence et en répétabilité des relevés.
Mieux protéger les infrastructures critiques
“Les écosystèmes benthiques et les infrastructures critiques sous-marines restent mal observés, compris et surveillés, alors même que nous prenons conscience de leur importance stratégique face aux défis des prochaines décennies”, souligne Frédéric Mittaine. Le CEO de Cosma se déclare aussi “ravi du soutien” de ses actionnaires historiques ainsi que de celui de Ring Capital, Région Sud Investissement et Sustainable Ocean Alliance, pour “continuer de mener activités opérationnelles et R&D en parallèle afin d'amener [ses] innovations au cœur des process industriels et de l'action de l'État en mer”.
Du côté des investisseurs, Timothée Poulain, partner chez Ternel, insiste sur la cohérence du modèle : “Cosma illustre ce que nous cherchons chez Ternel : un impact qui n'est pas une couche de communication mais un mécanisme de création de valeur. Mieux observer les écosystèmes benthiques et mieux protéger les infrastructures critiques, c'est le même déploiement, la même donnée.” Ternel réinvestit “significativement” dans ce tour, poursuit-il, parce que “cette convergence civil – souveraineté – environnement est rare” et que l'équipe a “prouvé qu'elle était capable de passer du démonstrateur à des missions opérationnelles dans les environnements les plus exigeants”.
Des reconstructions visuelles en 3D des espaces immergés
Positionnée à la croisée des études scientifiques, des mesures d'impact environnemental, de la gestion des risques (notamment la dépollution pyrotechnique) et de l'inspection d'infrastructures, Cosma livre à ses clients des reconstructions visuelles en 3D des espaces immergés, précisément géoréférencées et enrichies de couches sémantiques, de géopackages et de rapports d'analyse, pour des applications aussi bien civiles que de défense. La société, qui emploie une dizaine de salariés, avait annoncé en 2025 un chiffre d'affaires visé entre 500 000 € et 1 million d'euros avec le démarrage de la commercialisation de ses solutions ; ce nouveau tour de table doit désormais lui permettre de passer à l'échelle et de structurer ses opérations pour servir des acteurs publics et privés à l'échelle européenne.
- Voir également sur Sophianet, l'article du 1er juillet 2025 : "Nice : Cosma lève 2,5 M€ pour ses essaims de drones sous-marins"