Coût de la rentrée : la FACE06 alerte sur une précarité étudiante structurelle
Logement, inscription, alimentation : l'association étudiante azuréenne chiffre une rentrée 2026 dans les Alpes-Maritimes à plus de 2 800 euros pour un étudiant européen et près de 6 500 euros pour un étudiant international. Un message à la clé : le coût de la vie ne doit pas déterminer qui peut étudier,
Etudier coûte de plus en plus cher. On s’en doutait bien. Mais la Fédération des Associations et Corporations Étudiantes des Alpes-Maritimes (FACE06) va plus loin que ce simple constat en cherchant chaque année à le chiffrer. Elle vient ainsi de dévoiler son indicateur annuel du coût de la rentrée, avec des données qui confirment une tendance qu'elle qualifie désormais de structurelle : la précarité étudiante avec ses conséquences (renoncements, mobilité réduite, difficultés d’accès aux soins ou aux besoins essentiels, avec des répercussions possibles sur la réussite et l’épanouissement). (Photo DR).
Pour un étudiant européen non boursier, vivant seul et sans aide financière de son entourage, la rentrée 2026 s'élève à 2 811,87 €, contre 2 730 € en 2025, soit une hausse de 3,02 %. Pour un étudiant international, cette somme grimpe à 6 496,93 €, plus de deux fois supérieure, en raison notamment de droits d'inscription et de frais administratifs nettement plus élevés. À cela s'ajoute un budget mensuel moyen de 1 207,12 €, incluant logement, alimentation et vie quotidienne.
Le logement demeure le poste de dépense le plus critique. Dans les Alpes-Maritimes, le loyer moyen d'un T1 de 25 m² atteint désormais 700 € par mois, en hausse de 15,89 %, faisant de Nice la deuxième ville étudiante la plus chère de France pour se loger. Face à cette pression, la FACE06 réclame la pérennisation de l'encadrement des loyers ainsi qu'un renforcement massif et durable du parc de logements du CROUS, par la construction et la réhabilitation de résidences étudiantes.
La situation des étudiants internationaux inquiète particulièrement l'association. Leurs droits d'inscription atteignent 2 902 € en licence et 3 950 € en master, contre respectivement 178 € et 255 € pour les étudiants nationaux. Plus préoccupant encore, certains frais administratifs, comme le titre de séjour, ont doublé en un an, passant de 75 € à 150 €. Depuis le 1er juillet 2026, certains étudiants extra-communautaires non boursiers sont par ailleurs exclus des aides personnelles au logement. La FACE06 demande le retrait de cette mesure et l'accès aux bourses sur critères sociaux dès l'arrivée en France, pour que la nationalité ne devienne pas un obstacle supplémentaire à la réussite.
Certaines avancées viennent néanmoins nuancer ce constat. La généralisation du repas à 1 € au restaurant universitaire, contre 3,30 € auparavant, permet de réduire de près de 70 % le budget consacré à la restauration au CROUS. Une mesure saluée par l'association, mais jugée insuffisante pour compenser l'ensemble des charges : hors restauration universitaire, plus de 160 € restent nécessaires chaque mois pour une alimentation complète, et la question des "zones blanches", ces secteurs éloignés des restaurants CROUS, reste entière.
Face à ce constat, la FACE06 appelle à des mesures d'urgence sur les bourses, avec une indexation des montants sur l'inflation et, à plus long terme, une réforme du système permettant d'élargir le nombre de bénéficiaires. Pour l'association, qui défend depuis plus de 27 ans une représentation apartisane des étudiants du département, le message est sans ambiguïté : le coût de la vie ne doit pas déterminer qui peut étudier, et logement, bourses, restauration et droits d'inscription doivent faire l'objet de politiques publiques à la hauteur de l'urgence sociale étudiante.