Datafari 7 : le moteur de recherche d’entreprise entre dans l’ère de l’IA conversationnelle
La nouvelle version du moteur de recherche intelligent développé à Sophia Antipolis par France Labs de Cédric Ulmer permet désormais de dialoguer avec les documents internes tout en garantissant la souveraineté et la sécurité des données.
Datafari franchit une étape importante avec la sortie de sa version 7. Développée par France Labs, start-up fondée à Sophia Antipolis fin 2011 par Cédric Ulmer et des anciens de SAP France et spécialisée dans les moteurs de recherche d’entreprise, cette nouvelle mouture constitue une refonte majeure du produit en intégrant pleinement les technologies d’intelligence artificielle générative. L’objectif reste le même : permettre aux organisations de retrouver rapidement leurs connaissances dispersées dans de multiples sources documentaires. Mais désormais, les utilisateurs peuvent également dialoguer directement avec leurs documents et obtenir des réponses contextualisées à leurs questions. (Photo DR : Cédric Ulmer a présenté la nouvelle version de Datafari au récent salon Digital Workplace).
Parmi les principales nouveautés figure un assistant intelligent capable de discuter avec les contenus de l’entreprise. Datafari 7 intègre également des fonctions de Retrieval Augmented Generation (RAG), permettant de générer des réponses uniquement à partir des données internes sans nécessiter l’entraînement d’un modèle spécifique. La plateforme propose en outre un mode "agentic" dans lequel l’IA peut analyser une requête, déterminer les actions nécessaires et mobiliser les bonnes sources d’information pour y répondre. Les utilisateurs peuvent effectuer des recherches par mots-clés, via un moteur sémantique basé sur la vectorisation ou en mode hybride combinant les deux approches.
Pour Cédric Ulmer, l’apport principal de cette version réside dans la capacité à "comprendre" les documents. "Historiquement, nous étions focalisés sur la recherche. Désormais, les utilisateurs peuvent discuter avec leurs documents internes", explique-t-il. La société met toutefois l’accent sur un point différenciant : la gestion native des droits d’accès. Les réponses générées par l’IA ne s’appuient que sur les documents auxquels l’utilisateur est autorisé à accéder, sans remettre en cause l’organisation de la sécurité existante de l’entreprise.
Cette approche répond à des préoccupations croissantes de souveraineté numérique et de confidentialité. Disponible en open source dans une version gratuite ainsi qu’en édition Entreprise, Datafari peut être déployé sur site ou dans le cloud. "Beaucoup d’organisations souhaitent bénéficier de l’IA tout en évitant que leurs données sensibles soient envoyées vers des plateformes externes", souligne Cédric Ulmer. Une préoccupation particulièrement présente dans les secteurs de la défense, de l’industrie ou des administrations, parmi lesquels figurent plusieurs clients historiques de France Labs.
Si l’avenir du marché se dirige clairement vers les moteurs de réponse et les assistants intelligents, le dirigeant, fervent défenseur de l'Open Source, rappelle que la recherche documentaire classique conserve toute sa pertinence dans de nombreux métiers. Pour les années 2026 et 2027, France Labs prévoit de poursuivre le développement des capacités d’IA de Datafari tout en travaillant sur une refonte de son système de collecte et d’indexation des données. Une évolution qui doit permettre à cette PME de quatre collaborateurs de continuer à se positionner dans le haut du tableau, face à des acteurs internationaux de plus en plus nombreux sur le marché de la gestion intelligente des connaissances.