Deux chercheuses azuréennes distinguées par le Prix L’Oréal-UNESCO
Fadma Lakhal, originaire d’Antibes, et Marie-Anne Carpine, originaire de Valbonne, figurent parmi les 35 lauréates de la 20e édition du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science France, remis début octobre à l’Académie des sciences.
La Côte d’Azur a brillé à l’Académie des sciences. Parmi les 35 doctorantes et post-doctorantes récompensées cette année par la Fondation L’Oréal, en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO, deux jeunes chercheuses ont grandi dans les Alpes-Maritimes. Toutes deux doctorantes, elles reçoivent une dotation de 15 000 euros pour soutenir leurs travaux, ainsi que des formations en communication et en leadership destinées à mieux valoriser leurs recherches et à affronter le “plafond de verre”. Car celui-ci perdure : les femmes ne représentent qu’un tiers des chercheurs dans le monde et seulement 22 % des professionnels de l’intelligence artificielle, selon l’UNESCO, tandis qu’en France elles comptent pour à peine 15 % des effectifs universitaires en mathématiques. (Photo DR : Fadma Lakhal et Marie-anne Carpine).
Originaire d’Antibes, Fadma Lakhal a effectué sa licence et son master à Nice avant de rejoindre l’Institut Curie, à Paris, où elle prépare une thèse au sein du laboratoire Dynamique du noyau. Elle y observe au microscope Rad51, une protéine clé de la réparation de l’ADN, dérégulée dans de nombreuses tumeurs où elle favorise les métastases et la résistance à la chimiothérapie. Mieux comprendre sa structure pourrait en faire une cible pour de nouveaux traitements contre le cancer. Issue d’une famille où les générations de femmes qui l’ont précédée n’avaient pas pu étudier, elle a dû interrompre ses travaux huit mois en deuxième année de thèse en raison d’un cancer osseux, avant de revenir au laboratoire. “Ce parcours est une manière de rendre hommage aux femmes de ma famille”, confie-t-elle.
Marie-Anne Carpine a grandi à Valbonne et découvert sa passion pour la physique en classe préparatoire à Nice. Diplômée de l’École polytechnique, elle a préféré la recherche à une carrière d’ingénieur et prépare une thèse d’astrophysique à l’Université Paris-Saclay, au laboratoire AIM (CEA, CNRS, Université Paris Cité). Elle étudie la poussière interstellaire, ces grains qui donnent naissance aux planètes, en reliant les observations des télescopes les plus pointus, comme le James Webb, à leur taille, leur composition et leur structure. Des travaux qui éclairent la quête de mondes habitables et pourraient aussi servir à caractériser les aérosols atmosphériques et la pollution aux particules fines. Très engagée dans la transmission, elle souligne : “Vulgariser les sciences, c’est important ; le faire en tant que femme, ça l’est encore plus.”