Institut EuropIA : l’ambition d’un réseau mondial de l’IA
Maisons de l’IA à travers l’Europe et l’Afrique, festivals internationaux (WAICF, WAIFF, World Quantum Cannes Festival) et lancement d’un studio de création de films IA à Cannes : l’Institut présidé par Marco Landi accélère et veut faire de la Côte d’Azur une base européenne mondiale, pour l’intelligence artificielle.
L’Institut EuropIA accélère son développement. Créé à Sophia Antipolis dans une logique de médiation, de formation et de diffusion de la culture de l’intelligence artificielle, il se projette désormais comme une organisation européenne disposant de relais nationaux et d’événements à vocation mondiale. “On a créé vraiment une association européenne”, insiste son président Marco Landi, ancien président d’Apple monde. Né en 2019 en France, l’Institut est déjà représenté en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Belgique, en Pologne et à Monaco ; dans chaque pays, un président local anime l’activité dans sa langue et développe les réseaux de l’organisation. L’objectif affiché est de poursuivre l’implantation en Europe, avec l’Espagne et le Royaume-Uni parmi les prochains territoires visés, tout en élargissant le modèle sur le continent africain. (Photo DR : l'affiche du prochain WAIFF Londres en novembre prochain).
Maison de l’IA : un modèle duplicable
Cette internationalisation prend appui sur la Maison de l’IA des Alpes-Maritimes, conçue à l’initiative du président du Département Charles Ange Ginésy. Pour Marco Landi, elle constitue un modèle duplicable : une structure locale reposant sur un partenariat entre collectivités, universités, chambres de commerce et écosystèmes économiques. Sous l’égide d’EuropIA, le déploiement a déjà commencé en Afrique avec l’Institut Africia : “On est parti d’ici et on est en train vraiment de s’élargir dans l’Europe et dans l’Afrique”, résume-t-il. Cinq Maisons de l’IA ont déjà été créées sur le continent africain, dont une à Oujda, au Maroc, tandis qu’un World AI Film Festival a été organisé à Abidjan et qu’une nouvelle édition est préparée au Maroc.
WAICF, l'accélérateur de notoriété
Le premier accélérateur de notoriété a été le World AI Cannes Festival (WAICF) lancé en 2021. En installant au Palais des Festivals un rendez-vous dédié à l’IA pour les entreprises, les start-up, les chercheurs et les institutions, l’événement a contribué à associer Cannes aux grands débats technologiques. L’édition 2026 a rassemblé, selon les organisateurs, plus de 10 000 visiteurs professionnels, 320 intervenants et 220 exposants. À partir de 2027, l’organisation du WAICF est reprise par le groupe international de salons B2B Informa (Cannes Lions, Monaco Yacht Show...sur la Côte), une évolution susceptible d’élargir encore la portée mondiale du rendez-vous, tandis qu’EuropIA demeure associé à son identité et à sa dynamique locale.
La montée en puissance du WAIFF
Avec le World AI Film Festival (WAIFF) lancé en 2025, l’Institut a franchi un nouveau cap en reliant l’intelligence artificielle au cinéma, à l’image, au son et aux nouvelles formes de création. La deuxième édition, organisée les 21 et 22 avril 2026 à Cannes, a confirmé cette montée en puissance : plus de 5 500 œuvres venues de 80 pays ont été reçues, 54 films ont été sélectionnés, avec plus de 400 professionnels accrédités et 1 500 Maralpins accrédités aux projections et rencontres. Au-delà du concours, le festival veut devenir un espace de débat sur les droits des créateurs, la rémunération, les outils de production, la formation et la place de l’humain dans la création assistée par IA.
Déjà 12 pays pour le WAIFF 2027
Le WAIFF est surtout devenu le moteur d’une stratégie de licences internationales dont Cannes doit rester la finale. En 2026, trois pays (la Corée du Sud, le Japon et le Brésil) ont envoyé des délégations ou sélections à Cannes. “Pour 2027, on est déjà à douze pays”, annonce Marco Landi. La formule repose sur des éditions nationales qui sélectionnent des films et font remonter les meilleurs projets vers le rendez-vous cannois. Le calendrier annoncé prévoit notamment des étapes en Argentine, Turquie, Royaume-Uni, Chine, Afrique, Japon, Corée du Sud, Brésil et aux États-Unis, avec un projet de WAIFF à Los Angeles : “Les cinq meilleurs films, ils viendront à Cannes”, souligne-t-il. L’Institut s’appuie aussi sur un réseau d’ambassadeurs chargés de développer cette visibilité en Amérique du Nord, Amérique latine, Asie et Europe.
Le quantique dans la foulée de l’IA
La prochaine extension thématique est attendue les 17 et 18 novembre 2026 avec la première édition du World Quantum Cannes Festival. Le projet témoigne de la volonté d’EuropIA de ne pas se cantonner à l’IA générative et aux usages créatifs : il vise aussi les technologies appelées à remodeler le calcul, la simulation, l’optimisation, la cybersécurité et la cryptographie. “Le président de chaque pays fait l’activité promotionnelle […] du World Quantum Computer Festival”, explique Marco Landi, qui entend mobiliser le réseau européen et les ambassadeurs internationaux pour cette nouvelle manifestation.
La création d’un studio IA à Cannes
Enfin, l’Institut veut convertir l’événementiel en activité permanente sur le territoire. Il a quitté récemment le Pôle Alpha de Sophia Antipolis pour s’installer sur le campus de Cannes La Bocca, tout en conservant son lien avec la Maison de l’IA et l’écosystème sophipolitain. Trois objectifs sont avancés : créer un studio IA capable de produire des films, y compris des longs-métrages ; ouvrir une académie pour former aux nouveaux métiers de la création audiovisuelle assistée par intelligence artificielle ; et développer, autour du WAIFF, un marché du film IA. “Notre activité est en train de s’élargir et nous avons besoin de place pour recruter, trouver des personnes capables d’être dans le cinéma”, affirme Marco Landi. Cette installation marque une évolution importante : après avoir fait de Cannes une vitrine de l’IA, EuropIA veut désormais y ancrer une filière de production, de formation et d’échanges économiques autour du cinéma créé avec l’IA. Une nouvelle étape dans l'accélération.