Kalray va développer avec Bull les réseaux haute vitesse de l'IA
Alors resté anonyme, le contrat majeur de Kalray annoncé en avril dernier prend enfin un visage : la société grenobloise, implantée à Sophia Antipolis, s'associe au leader du calcul haute performance pour développer les infrastructures réseau des futures générations de supercalculateurs et de Gigafactories IA.
Sorti du trou d'air financier de début 2025, Kalray avait annoncé en avril un contrat majeur sans toutefois dévoiler le nom du partenaire placé sous clause de confidentialité. Ce nom a été dévoilé aujourd’hui : Bull, multinationale française, leader mondial du calcul haute performance, de l'intelligence artificielle et de l'innovation quantique. Kalray et Bull ont ainsi annoncé ce matin 28 juillet une collaboration technologique autour des réseaux pour les infrastructures d'intelligence artificielle et de calcul intensif (HPC), avec une compatibilité au standard ouvert Ultra Ethernet, appelé à façonner le réseau des futures générations de supercalculateurs. Pour la société grenobloise, implantée à Sophia Antipolis et dirigée par Éric Baissus, serial entrepreneur bien connu de la technopole, cette annonce constitue une étape supplémentaire dans la mise en œuvre de son nouveau modèle économique. (Photo DR).
Les deux entreprises vont ainsi co-développer la prochaine génération de solutions d'interconnexion destinées aux infrastructures d'IA et de calcul intensif (HPC). Pour Kalray, l'accord représente une vitrine de son nouveau modèle économique. La société apportera ses technologies matérielles et logicielles, notamment son Kalray Networking Engine, un moteur réseau de nouvelle génération capable d'atteindre des débits de 1,6 Tbit/s par carte réseau grâce à son architecture manycore KV5. Les premières solutions commerciales issues de cette collaboration sont attendues en 2028, avec à la clé des revenus issus de licences de propriété intellectuelle, de co-développement et de services, bien plus récurrents que ceux de la vente de composants.
Au cœur du partenariat figure également le développement du standard Ultra Ethernet, appelé à devenir une technologie clé pour les futures infrastructures d'intelligence artificielle. Face à l'explosion des besoins en calcul, les centres de données doivent relier des centaines de milliers de processeurs capables d'échanger d'immenses volumes de données avec un minimum de latence. Porté par plus de 170 industriels au sein de l'Ultra Ethernet Consortium, ce standard ouvert a vocation à remplacer progressivement des technologies propriétaires comme InfiniBand ou les protocoles RoCE. L'objectif est de disposer d'un réseau plus ouvert, plus performant et mieux adapté aux gigantesques "AI Factories" et supercalculateurs qui alimenteront les applications d'IA de demain.
Pour Bull, cette collaboration doit accélérer l'évolution de sa technologie réseau BXI vers une plateforme compatible Ultra Ethernet, tout en renforçant la souveraineté européenne sur une technologie aujourd'hui largement dominée par des acteurs américains. Pour Kalray, l'enjeu est tout aussi stratégique : au-delà d'une reconnaissance technologique, ce contrat valide son repositionnement vers un modèle fondé sur la propriété intellectuelle et les partenariats industriels. Dans un marché où l'IA redéfinit les architectures de calcul et de réseau, l'entreprise, présente dans la technopole, retrouve ainsi une trajectoire de croissance potentiellement durable en s'inscrivant au cœur des futures infrastructures européennes de l'intelligence artificielle.