Kalray passe dans le vert au premier semestre 2026
Chiffre d'affaires en hausse de 58 % à périmètre comparable, EBITDA multiplié par vingt et résultat net positif : la société grenobloise, implantée à Sophia Antipolis, récolte les premiers fruits de son nouveau modèle fondé sur les licences. Le contrat avec Bull, dévoilé fin juillet, devrait lui rapporter de l'ordre de 12 M€ sur 18 mois.
Deux mois après avoir révélé le nom de son partenaire Bull, Kalray a publié ce 24 septembre des résultats semestriels qui confirment sa sortie du trou d'air financier de début 2025. Au premier semestre 2026, la société enregistre un chiffre d'affaires consolidé de 8,5 M€, contre 5,4 M€ un an plus tôt sur le périmètre comparable de l'activité semi-conducteurs, soit une progression de 58 %. La hausse n'est que de 7,7 % par rapport au chiffre d'affaires publié au premier semestre 2025, qui comprenait encore l'activité “Enterprise” cédée en février 2025. L'EBITDA bondit à 5,1 M€, contre 0,3 M€, et le résultat net redevient positif à 0,8 M€, contre une perte de 2,1 M€ un an plus tôt. “Les résultats du premier semestre 2026 confirment la transformation engagée par Kalray depuis plusieurs mois”, souligne Éric Baissus, président du directoire et serial entrepreneur bien connu de la technopole. (Photo DR).
Cette nette amélioration de la rentabilité tient d'abord à la baisse des charges. Les charges opérationnelles courantes reculent à 8,5 M€, contre 13,2 M€ au premier semestre 2025. Trois facteurs y contribuent : l'adaptation de la structure au nouveau périmètre du groupe, des mesures d'efficacité et la délégation de personnel auprès d'Openchip. Ce dernier effet est ponctuel et ne jouera plus au second semestre, puisque les équipes concernées ont réintégré Kalray en juillet. La baisse de la R&D immobilisée (3,1 M€ contre 4,8 M€) montre de son côté que l'entreprise s'oriente vers des développements financés par ses clients. Après amortissements et provisions, le résultat d'exploitation reste négatif à -1,4 M€, mais il devient légèrement positif (150 K€) une fois intégré le Crédit d'Impôt Recherche de 1,5 M€. Côté bilan, Kalray continue de réduire son passif depuis fin 2025 : les dettes fournisseurs passent de 11,2 M€ à 8,6 M€ et les emprunts bancaires de 3 M€ à 2,4 M€. Les capitaux propres s'établissent à 33,7 M€. La trésorerie reste en revanche modeste, à 2,2 M€ au 30 juin contre 3 M€ fin décembre, ce que la société explique par la signature du contrat avec Bull en juillet.
Présenté fin juillet comme une collaboration technologique, ce contrat se précise avec cette publication. Il s'agit d'un accord de licence portant sur le “Networking Engine” de Kalray. Cette technologie équipera les composants chargés des communications dans les data centers d'IA et de calcul haute performance (HPC). Elle sera intégrée à la prochaine génération de composants de Bull, dont la commercialisation est prévue à partir de 2028. Pour Kalray, l'accord représente un potentiel de l'ordre de 12 M€ sur les 18 prochains mois, dont 2,2 M€ déjà comptabilisés en chiffre d'affaires au premier semestre, auxquels s'ajouteront des royalties sur chaque produit vendu. Par ailleurs, la collaboration engagée en 2025 avec l'espagnol Openchip va se poursuivre autour de sa prochaine génération de puces d'accélération pour l'IA et le HPC. Cette extension, en cours de discussion, pourrait représenter environ 5 M€ sur douze mois. “Après Openchip, le contrat signé avec Bull constitue une nouvelle validation de notre modèle : valoriser nos technologies au travers de licences tout en accompagnant nos clients dans leurs développements financés par eux”, insiste Éric Baissus.
Fort de ces résultats et de la dynamique des programmes en cours, Kalray confirme ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice 2026 : une croissance à deux chiffres du chiffre d'affaires et une nouvelle amélioration de l'EBITDA par rapport à 2025. “Nos priorités désormais : exécuter avec succès ces programmes, continuer à développer nos technologies qui vont être au cœur des enjeux de l'IA de demain et les valoriser auprès de nouveaux clients tout en poursuivant l'amélioration de notre profil financier”, résume le dirigeant. Pour la société l'enjeu est désormais de reproduire ce modèle avec d'autres clients sur le marché en pleine expansion des semi-conducteurs pour les infrastructures d'IA.