Kwoji à Auribeau-sur-Siagne : l’IA comme moteur de la création d’entreprise
Fondée par Mathis Etcheberry, en parallèle de son métier de Lead Product Manager, cette plateforme d'engagement collaborateurs par le jeu vidéo illustre une nouvelle vague de création d'entreprises rendue possible aujourd’hui par l'IA.
Kwoji vient d'entrer dans sa phase de test avec ses premières équipes pilotes. Le concept : quinze jeux en ligne de trois à cinq minutes, joués entre collègues pendant une pause, couplés à une mesure anonyme et hebdomadaire du moral de l'équipe. L'idée est née d'une partie organisée par Mathis Etcheberry, qui avait réuni plus de cent personnes ne se connaissant pas et qui, en quelques minutes, jouaient ensemble. (Photo DR : Mathis Etcheberry).
Le fabuleux levier de l'IA
“Je ne voulais pas que ça n'arrive qu'une fois par an”, explique-t-il. Le pari repose sur les travaux du MIT Human Dynamics Lab, qui montrent que la fréquence des micro-échanges informels explique une part majeure des écarts de productivité entre équipes : là où un séminaire annuel coûte entre 100 et 500€ par personne pour une intensité ponctuelle, Kwoji propose une dose quotidienne de cohésion, accessible sans aucune installation, via un simple lien.
Mais l'histoire de Kwoji reste avant tout celle d'une aventure entrepreneuriale rendue possible aujourd’hui par la puissance de l'intelligence artificielle. Basé à Auribeau-sur-Siagne près de Grasse, Mathis Etcheberry construit son projet le soir, le week-end et pendant ses vacances, en parallèle de son métier de Lead Product Manager dans une entreprise parisienne pour laquelle il travaille en remote. Fort de huit ans d'expérience en Fintech et SaaS B2B, diplômé de l'emlyon business school et titulaire d'un Graduate Certificate in Computer Science de HarvardX, il a fait le choix de travailler en Lean, par cycles courts, avec l'IA comme levier pour passer de l'idée au produit testable en quelques jours plutôt qu'en quelques mois. “Sans l'intelligence artificielle, je n'aurais pas pu lancer Kwoji”, admet-il sans détour.
La structure de coût du projet change complètement
Ce que change concrètement l'IA? “C'est avant tout la structure de coûts du projet : les frais propres à Kwoji tiennent dans une cinquantaine d'euros par mois, un montant qui me permet d'attaquer un marché qui n'aurait pas été rentable avec une équipe traditionnelle”. Le fondateur fait ponctuellement appel à des freelances pour développer un jeu (une quinzaine sont déjà sur la plateforme) ou améliorer l'architecture technique, mais à des coûts bien inférieurs à ceux d'une équipe complète non augmentée par l'IA.
Résultat : Kwoji est proposé à 2€ par mois et par salarié, avec un plan illimité à 399€ pour 500 collaborateurs. Des tarifs pensés pour les TPE et PME, impossibles à atteindre sans cette réduction drastique des coûts de développement. Même la stratégie de communication du projet a été déléguée à un agent IA, explique-t-il : création de l'espace presse, identification des journalistes, rédaction et envoi des messages de prospection ont été entièrement automatisés, laissant au fondateur le soin d'échanger personnellement une fois le contact établi.
La trajectoire prudente de Mathis Etcheberry
Techniquement, Kwoji reste volontairement simple d'accès : la plateforme fonctionne à 100% en mode responsive, sur ordinateur, tablette ou mobile, sans application dédiée, dans une logique assumée de réduction de la friction. Côté données, l'anonymat des répondants est garanti avec un seuil minimum de cinq personnes par équipe avant que le moindre score ne soit visible pour l'entreprise. Le but est de détecter rapidement les baisses de moral sans jamais divulguer la moindre information individuelle.
Fondée en juillet 2026, la startup recherche actuellement dix équipes pilotes pour cette rentrée, avec trois mois offerts quel que soit l'effectif et un onboarding assuré personnellement par Mathis Etcheberry. Pour l'heure, ce dernier évite de communiquer activement sur le projet, gardant un pied dans son emploi salarié en attendant de mesurer la traction commerciale de Kwoji avant d'éventuellement s'y consacrer à plein temps. Une trajectoire prudente qui illustre, selon lui, une tendance plus large : celle de fondateurs capables aujourd'hui de construire et tester une entreprise sans abandonner leur emploi principal, ni disposer des moyens traditionnels (développeur, designer, équipe commerciale) grâce à des agents IA qui viennent combler les compétences manquantes. Nouveau monde.