Meetic du CNRS à Sophia : un nouveau format pour stimuler les partenariats
Avec son premier “Meet & Match” azuréen, le CNRS a inauguré un format de rencontres express entre laboratoires et entreprises pour faire émerger plus vite des collaborations concrètes en R&D. Une approche plus directe, plus ciblée et plus opérationnelle, appelée à être déclinée dès le 30 juin à Villefranche-sur-Mer autour des secteurs santé et cosmétique.
Le pari est celui de l’efficacité. Pour cette première édition azuréenne, le CNRS a troqué le format classique de la journée de présentations contre un dispositif de “speed dating” scientifique et technologique, baptisé Meet & Match. L’objectif : mettre rapidement en relation des chercheurs, des laboratoires et des entreprises afin d’identifier, en quelques minutes, de véritables opportunités de coopération. Chaque échange, limité à une quinzaine de minutes, devait aboutir à un premier verdict simple (“match” ou non) puis, le cas échéant, ouvrir sur des suites plus approfondies. (Photo DR : chercheurs et entrepreneurs ont “matché” dans les locaux de Terra Numerica où ils ont été accueilli par Dorian Mazauric son directeur).
Cette formule entend répondre à un besoin bien identifié : réduire la distance entre le monde académique et le monde économique. Dans ce dispositif, les ingénieurs de transfert comme Guillaume Laffite, coordinateur de cette première opération, jouent un rôle clé de courroie de transmission. Forts d’une double culture, à la fois scientifique et entrepreneuriale, ils aident à traduire les compétences des laboratoires en réponses concrètes aux besoins industriels. Ils interviennent aussi dans la valorisation des résultats, l’organisation de visites de plateformes, la préparation de démonstrateurs et, à terme, la contractualisation des collaborations.
Pour cette session organisée autour de l’écosystème de Sophia Antipolis, le focus a été mis sur le numérique, avec une forte coloration autour des enjeux de souveraineté numérique et technologique. Cinq laboratoires ont été mobilisés (Laboratoire Jean Alexandre Dieudonné, I3S, CEMEF, CRHEA et INPHYNI), issus notamment des mathématiques, de la physique numérique, de l’informatique et de l’électronique, tandis qu’une vingtaine d’entreprises avaient fait le déplacement, dont plusieurs grands groupes. Au total, la matinée affichaient complet avec 70 participants. Le CNRS y a mis en avant sa capacité à couvrir une large chaîne de valeur, du software au hardware, en lien avec ses unités mixtes et ses partenaires académiques comme l’université ou Inria.
L’enjeu, au-delà de l’événement lui-même, est de structurer un pipeline de projets comme l’a rappelé en entrée Melchior Faure de la Direction des relations avec les entreprises. Les données recueillies à l’issue des rendez-vous doivent maintenant permettre de prioriser les suites : visites de laboratoires, exploration de plateformes technologiques, élargissement à d’autres équipes ou thématiques. Cette logique vaut aussi bien pour les grands comptes déjà engagés dans des accords-cadres qui participaient à l’opération comme Thales ou Naval Group (avec une stratégie de fidélisation et d’extension) que pour les startups et PME locales, à qui ce format offre un accès accéléré à des compétences et à des équipements de haut niveau.
Fort de ce premier test, le CNRS prépare déjà la suite. Un second rendez-vous est annoncé le 30 juin à Villefranche-sur-Mer, à l’Observatoire océanographique, avec cette fois un ciblage sur les secteurs santé et cosmétique. L’idée sera d’y associer, autour de ces marchés, non seulement des laboratoires plus directement concernés, mais aussi des équipes issues du numérique, de l’IA ou de l’électronique, dont les apports sont devenus transversaux dans les dispositifs médicaux, les formulations ou les outils d’analyse. Une manière de prolonger l’expérience azuréenne en confirmant que l’innovation collaborative se joue aussi dans la qualité (et la rapidité) des bonnes mises en relation.