Mines Paris-PSL : le Campus Pierre Laffitte dévoile ses projets d’extension
Doté d'un budget de 23 millions d'euros, le campus sophipolitain de l'école d'ingénieurs engage une transformation en profondeur pour tripler ses effectifs d'ici 2030 et renforcer ses capacités de recherche appliquée. Une nouvelle étape est engagée pour le campus “historique” de la technopole.
Il est né en même temps que la technopole, le Campus des Mines. Pierre Laffitte, alors directeur de cette grande école française d’ingénieurs, l’avait installé dès le début des années 1970 et cette arrivée avait, dès le départ, résolument positionné Sophia sur l'enseignement supérieur haute volée. Le campus, essaimé dans un parc de 10 hectares par les architectes Vidal & Bayard (ceux-là mêmes qui concevaient la ZAC de Sophia Antipolis), avait été l’un des éléments déterminants du succès de la technopole. Cinquante ans après, il devrait être aussi le moteur d’une nouvelle étape du développement sophipolitain. (Photo WTM : lors de la visite. Sur le fronton d'un des grands murs du campus, la "lampe des mineurs", le logo de l'école, va pouvoir briller plus fort).
Un pôle formation et recherche d'une toute autre envergure
A travers une nouvelle extension dont Godefroy Beauvallet, le directeur général, et Annette Massias, déléguée du Campus, ont précisé les éléments et le calendrier, l’école va tripler le nombre de ses élèves d’ici 2030. Elle participera à la montée en gamme des grandes écoles sophipolitaines avec un “meta-campus” appelé à beaucoup grandir. Le nombre d’étudiants sophipolitains devrait ainsi passer de 7.500 aujourd’hui à 15.000 d’ici 5 ans, comme l’a souligné le président de la CASA, Jean Leonetti.
Le projet de Mines Paris PSL, d’autre part, s'inscrit directement dans le Plan Sud Ingénieur lancé par la Région SUD en 2024, dont l'objectif est de former plus de 1.000 ingénieurs par an d'ici 2030. Concrètement, le campus accueillera dès la rentrée d'août 2026 les premiers étudiants de l'International Bachelor of Environmentally Engaged Engineering (l'I-BE3), une nouvelle formation d'excellence à dimension internationale dédiée à l'ingénierie environnementale. Soixante élèves sont attendus pour cette première promotion, avec un objectif de 300 à l'horizon 2030. S'y ajouteront plus de 200 élèves ingénieurs civils en stage et en projet, 100 doctorants par an, 100 élèves en mastère spécialisé et 80 enseignants-chercheurs, faisant du campus un pôle de formation et de recherche d'une toute autre envergure.
Le volet recherche au coeur du projet architectural
Le volet recherche constitue le cœur du projet architectural. Trois bâtiments neufs seront construits entre 2027 et 2029 : le bâtiment MEDTECH (850 m²), dédié aux matériaux adaptés à la santé, le bâtiment HIGHTECH (700 m²), orienté vers les procédés de décarbonation, et un bâtiment de recherche appliquée de 1 700 m².
En parallèle, une vaste phase de reconversion des bâtiments existants est engagée dès cette année 2026 : amélioration de l'ergonomie des salles de cours, création de salles de TP/TD et d'un Fablab, et transformation du bâtiment RIE (l'ancien restaurant inter-entreprises de 1 930 m²) en un espace dédié à l'événementiel scientifique, avec learning centre et équipements sportifs et culturels. Le tout pour un coût global de 23 M€, financés conjointement par la Région SUD (7,5 M€), la Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis (7 M€) et le SGPI France 2030 (6,8 M€).
L'esprit campus
Au-delà des chiffres et des mètres carrés, c'est un esprit de campus qui est au cœur du projet. La piétonnisation des espaces extérieurs, la création d'une place centrale et l'aménagement de nouveaux cheminements verts visent à transformer ce qui était un ensemble de bâtiments fonctionnels en un véritable lieu de vie et de dialogue entre les disciplines. L'agence d'architecture chargée de concrétiser cette vision sera sélectionnée à l'automne 2026 sur la base de 45 candidatures internationales. Un appel d'offres qui témoigne à lui seul de l'ambition du projet.
Pour Godefroy Beauvallet, ce qui a été recherché à travers cette extension est de faire quelque chose de nouveau en “poussant l'innovation pédagogique sur la recherche”. Pour lui, “le moment est important parce que nous avons eu les premiers permis de construire, nous avons Parcoursup qui sort avec une cinquantaine d'étudiants de 13 nationalités en ingénierie dans le bachelor et 45% de jeunes femmes. Les bâtiments anciens vont être rénovés, de nouveaux bâtiments seront construits. Il est prévu des équipements sportifs..." Pour le campus historique de Sophia Antipolis, un nouveau départ en flèche.
