Monaco Energy Boat Challenge : le laboratoire du nautisme de demain
Du 8 au 11 juillet, le Yacht Club de Monaco réunit 43 équipes de vingt pays pour un 13e challenge marqué par la maturité technologique. Une vitrine du yachting avancé, où performance, autonomie, intelligence artificielle, hydrogène et éco-conception convergent.
Accélérer la transition énergétique du yachting et du secteur maritime à travers l'expérimentation en conditions réelles : c’est l’objectif du Monaco Energy Boat Challenge qui revient du 8 au 11 juillet pour une 13e édition qui s'annonce particulièrement dense. Organisé par le Yacht Club de Monaco avec le soutien de la Fondation Prince Albert II, d'UBS, de BMW et de SBM Offshore, il réunit cette année 43 équipes issues d'une vingtaine de pays, un chiffre qui grimpe à 56 équipes et 22 nations en intégrant l'ensemble des participants à l'Open Sea Xperience. (Photo YDM/Studio Borienghi).
Le challenge conserve son architecture en plusieurs catégories complémentaires : l'Energy Class, l'AI Class, la SeaLab Class et l'Open Sea Xperience, cette dernière mettant en avant des unités zéro émission déjà certifiées CE et proches du marché. Mais la vraie nouveauté de 2026 tient moins à la création de nouvelles classes qu'à l'accélération du niveau de maturité des projets eux-mêmes. Selon le Yacht Club, de nombreuses équipes ont désormais dépassé le stade de la simple démonstration pour entrer dans une logique d'optimisation fine : chaînes propulsives développées en interne, amélioration hydrodynamique, hybridation des sources d'énergie et gestion énergétique avancée.
Lancée en 2025, l'AI Class illustre bien cette évolution. Elle rassemble cette année 11 équipes et marque l'entrée plus affirmée de l'intelligence artificielle dans la conception navale, la navigation autonome et l'optimisation de trajectoire en conditions réelles. Autre signal fort côté infrastructures : l'inauguration au Yacht Club d'un ponton capable de produire de l'hydrogène en amont de l'événement, qui prolonge la dynamique du challenge au-delà des seuls prototypes alignés sur l'eau.
Le cœur technique de l'édition reste l'Energy Class, où 26 équipes s'affrontent sur des coques standardisées fournies par le Yacht Club, permettant de mesurer objectivement les écarts d'efficacité entre systèmes de propulsion. Plusieurs projets s'y distinguent : les Français de HydroGadz et leurs hélices toroïdales contra-rotatives, PolyBoat Nantes et son architecture hybride hydrogène-solaire-foils, ou encore les Espagnols d'InnoBoat Bizkaia, qui combinent données marines Copernicus et assistant conversationnel basé sur l'IA pour optimiser les trajectoires. D'autres équipes misent sur le développement intégral de leur chaîne propulsive, comme les Indonésiens de Hydros Team Universitas Indonesia, sur des matériaux biosourcés à l'image des Français de Néréides UTT avec leur fibre de lin, ou sur l'hybridation hydrogène-batteries comme les Italiens d'Elettra UniGe.
Sur le plan des tendances, le batterie-électrique domine toujours largement avec 33 prototypes recensés, devant l'hydrogène (9), les foils (9) et le méthanol (1 projet). Mais la diversification des architectures confirme un changement de logique : les équipes ne travaillent plus seulement la propulsion alternative, mais un système complet où intelligence énergétique, réduction des pertes, matériaux et données environnementales comptent autant que le moteur.