Nice : BeParentalis, le “Waze" de la santé enfant, contraint à la liquidation
“Allo ? Antoine est tombé de sa chaise, il pleure mais il bouge bien le bras, est-ce que je l’emmène aux urgences ?” La question demande une réponse urgente et appropriée. C’est à ce type de demande immédiate que BeParentalis avait été taillé pour répondre. Mais après cinq ans d’activité et malgré 30.000 parents utilisateurs, la jeune pousse azuréenne n’a pas réussi à trouver un modèle économique viable. Fin de partie.
C’est une aventure entrepreneuriale qui s’achève avec un goût d’inachevé. La startup niçoise BeParentalis, spécialisée dans l’accompagnement des parents face aux problèmes de santé de leurs enfants, a été placée en liquidation judiciaire après cinq années d’activité. Dans un message publié sur LinkedIn, son cofondateur Vincent Paillet évoque “30.000 parents” accompagnés, “70.000 symptômes orientés” et “des dizaines de médecins, pédiatres et institutions” ayant soutenu le projet, notamment la Fondation Lenval à Nice. “La fin d’une structure n’est pas la fin d’une conviction”, écrit-il, tout en annonçant vouloir rebondir rapidement sur un nouveau projet lié à l’innovation en santé. (Photo DR : Vincent Paillet).
Créée en 2021 à Fréjus avant de s’installer à Nice, BeParentalis était née d’un constat simple : une part importante des passages aux urgences pédiatriques pourrait être évitée grâce à une meilleure orientation des parents. Avec l’aide du pédiatre Aymène Kebaili, les fondateurs avaient développé une application capable d’aider les familles à évaluer la gravité des symptômes de leur enfant et à décider s’il fallait consulter, attendre ou appeler les secours. Disponible 24h/24, la plateforme s’appuyait sur un arbre décisionnel médical et des réponses validées par des professionnels de santé. La startup se présentait comme une forme de “Waze de la santé enfant”, avec l’ambition de sécuriser les parents tout en contribuant à désengorger les urgences.
L’application avait rapidement trouvé son public, atteignant plusieurs dizaines de milliers de téléchargements et intégrant différents dispositifs d’accompagnement dans la e-santé. Mais malgré cet intérêt réel et un enjeu de santé publique largement reconnu, la société n’est pas parvenue à transformer suffisamment d’utilisateurs en abonnés payants. Vincent Paillet reconnaît que “la promesse intéressait visiblement”, mais que les familles étaient encore peu nombreuses à accepter un modèle payant pour ce type de service. À cela se sont ajoutés un environnement devenu plus complexe, les évolutions rapides du secteur de la santé et les difficultés à concrétiser certains partenariats institutionnels ou territoriaux, comme l'a relevé par ailleurs le média Tribuca.
Face à ces contraintes et à la nécessité de réinvestir fortement pour poursuivre le développement, les associés ont préféré mettre un terme à l’aventure. Une décision difficile pour cette jeune pousse qui voulait faire de la prévention et de l’orientation médicale un outil du quotidien pour les familles. Pour Vincent Paillet, l’expérience reste néanmoins fondatrice. Dans son message, il compare la création d’une startup à “une succession de premières fois” et assure que cette fermeture “n’est pas un point final”. Le dirigeant entend désormais capitaliser sur cette expérience acquise dans la santé numérique pour écrire une nouvelle page entrepreneuriale.