C'est un signal politique fort, choisi à la veille du G7 d'Évian. A Nice, en inaugurant ensemble Bharat Innovates, premier salon de l'innovation indienne organisé hors d'Inde, réunissant 120 startups dans des secteurs aussi stratégiques que l'IA, la santé, l'énergie, la ville intelligente et l'espace, Emmanuel Macron et Narendra Modi ont affiché la profondeur d'un partenariat franco-indien qui se renforce de mois en mois. Créé par le ministère indien de l'Éducation pour connecter les entrepreneurs indiens aux investisseurs internationaux, l'événement s'inscrit dans le cadre de l'Année franco-indienne de l'innovation 2026, lancée lors de la visite officielle de Macron en Inde en février, quelques jours après qu'une commande historique d'une centaine de Rafale eut été approuvée par New Delhi.
Sur le fond, les deux dirigeants ont posé les jalons d'une coopération à long terme. Emmanuel Macron a appelé les Français et les Européens à “regarder l'Inde différemment”, saluant un pays devenu “incontournable” dans les domaines du spatial et de l'intelligence artificielle, tout en lançant une formule destinée à rester : “La question n'est pas de savoir si l'Inde innove, mais qui innovera avec l'Inde.” De son côté, Narendra Modi a invité investisseurs, instituts de recherche et entrepreneurs présents à Nice à venir développer en Inde “des solutions destinées au monde entier”. Les échanges bilatéraux, poursuivis à la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer, ont également porté sur la défense, l'espace et la coopération universitaire. Un agenda dense qui confirme la nature multidimensionnelle du partenariat stratégique global spécial franco-indien.
Pour Nice et la Côte d'Azur, accueillir cet événement inaugural revêt une portée symbolique considérable : la région s'est imposée, le temps de ce sommet, comme la capitale européenne du dialogue franco-indien sur l'innovation, un rôle que l'écosystème de Sophia Antipolis, bien représenté lors des journées précédant le salon, entend bien ne pas laisser s'effacer.