Nicox : la bonne année 2025
Un tournant en 2025 pour la biotech d'ophtalmologie de Sophia Antipolis : elle double son chiffre d’affaires, divise sa perte nette par neuf. Portée par la montée en puissance de son produit phare NCX 470 elle affiche désormais une visibilité financière au-delà de 2027.
Nicox va-t-il enfin tenir ses promesses ? L'année 2025, en tout cas, marque un tournant pour cette biotech née à Sophia Antipolis et dont le siège est resté dans la technopole. La société internationale d'ophtalmologie, cotée sur Euronext Growth Paris, a en effet plus que doublé son chiffre d’affaires avec 16,8 M€ en 2025, contre 7,9 M€ en 2024. Cette progression spectaculaire est principalement portée par les paiements d'étape reçus de son partenaire japonais Kowa, dans le cadre des accords de licence sur NCX 470, son principal candidat médicament dans le traitement du glaucome. Dans le même temps, la perte nette a été ramenée à 2,4 M€, contre 22,4 M€ l'année précédente soit une réduction de près de 90 % qui reflète à la fois la hausse des revenus et la baisse des charges opérationnelles consécutive à l'achèvement de l'essai clinique de Phase 3 Denali.
NCX 470, un collyre donneur d'oxyde nitrique destiné à réduire la pression intraoculaire chez les patients atteints de glaucome à angle ouvert ou d'hypertension oculaire, est au cœur de la stratégie de Nicox. Après la publication des premiers résultats de l'essai Denali en août 2025, la société se prépare désormais à franchir une étape décisive : le dépôt d'une demande d'autorisation de mise sur le marché (NDA) auprès des autorités américaines, prévu pour l'été 2026. Un dépôt similaire en Chine doit suivre peu après, tandis qu'un programme clinique de Phase 3 a été initié au Japon à l'été 2025. Ces jalons réglementaires sont assortis de paiements d'étape qui constituent le principal levier de financement de la société à court terme.
Sur le plan de la trésorerie, Nicox disposait de 4,1 M€ au 31 décembre 2025, contre 10,5 millions d'euros un an plus tôt. Un niveau qui pourrait paraître serré, mais que la direction juge suffisant dans la perspective des paiements d'étape attendus lors des dépôts réglementaires. En intégrant ces entrées de trésorerie et en retenant l'hypothèse d'une période de revue standard de douze mois après le dépôt américain, Nicox estime être financée au-delà de 2027. La société a par ailleurs éliminé l'essentiel de sa dette assortie de sûretés, supprimant ainsi plusieurs engagements financiers pesants hérités des exercices précédents.
Autre fait à noter de cet exercice : l'absence totale de produits exceptionnels, alors que 2024 avait bénéficié de 13,7 millions d'euros liés à la cession des redevances VYZULTA au fonds Soleus Capital. La comparaison entre les deux exercices doit donc être lue avec cette nuance : la performance 2025 repose sur des revenus opérationnels récurrents et contractuels, et non sur des opérations ponctuelles de cession d'actifs. Les charges d'exploitation ont également été sensiblement réduites, passant de 18,7 à 14,3 M€, grâce à la fin des dépenses liées à l'essai Denali.
Pour 2026, Gavin Spencer, directeur général de Nicox, affiche une priorité : “Le support aux dépôts des demandes d'autorisation de mise sur le marché pour NCX 470 aux États-Unis et en Chine, aux côtés de nos partenaires”. La société indique par ailleurs poursuivre l'évaluation d'opportunités de croissance stratégique, incluant des collaborations ou des rapprochements. Un programme de recherche préclinique, NCX 1728, mené en partenariat avec Glaukos, complète le pipeline. Nicox aborde ainsi 2026 dans une position financière assainie, avec des catalyseurs réglementaires identifiés, mais dans un contexte où chaque hypothèse de revenus ou de coûts reste déterminante pour la trajectoire de trésorerie de la société.