Après un été caniculaire (et ce n’est peut-être pas fini), que peut-on faire et espérer ? Sur cette question cruciale du climat, notamment en relation avec l’Océan, les scientifiques du Laboratoire d'Océanographie de Villefranche (CNRS-SU) ont partagé leur expertise dans un article publié début août sur le journal du CNRS, “Océan et climat : un équilibre fragile”. Des analyses qui rejoignent celles du sommet mondial de l'océan en juin dernier à Nice. ( Photo DR : L’océan Austral joue un rôle clé dans la régulation du climat mondial. Là, les eaux froides de surface plongent vers les profondeurs, entraînant avec elles une part du CO₂ et de l’excès thermique liés aux activités humaines.)
Régulateur du climat mondial, l’océan absorbe chaleur et dioxyde de carbone, notamment celui émis par les humains depuis l’ère industrielle. Que se passera-t-il si ce milieu cesse d’amortir nos excès ?. Car il absorbe aujourd’hui plus de 90% de l'excès de chaleur lié aux activités humaines, est-il rappelé. C’est aussi un immense puits de carbone. Un double rôle essentiel pour la vie sur terre.
L’océan ne pourra toutefois pas continuer indéfiniment à absorber nos excès. L’acidification altère le cycle du carbone océanique, tandis que le réchauffement climatique menace la dynamique des courants qui structure le climat mondial. A la clé des conséquences majeures comme le refroidissement régional en Europe de l’Ouest, une perturbation des régimes de mousson, une montée plus marquée du niveau de la mer sur certaines côtes atlantiques.
Conclusion de Jean-Pierre Gattuso, océanographe, directeur de recherche CNRS au Laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-Mer : “Il n’existe pas d’autre solution sérieuse que la réduction des émissions de CO2. C’est la seule action d’ampleur qui puisse limiter l’acidification et le réchauffement des eaux”. Parole de scientifique.