Recherche : Thierry Dauxois, nouveau président du CNRS
Le chercheur de 58 ans, qui dirigeait l'Institut de physique du CNRS, succède à Antoine Petit après deux mandats à la tête du premier organisme de recherche français. Ce physicien du sérail est attendu sur sa capacité à réorganiser l'organisme, à en défendre les moyens et à réaffirmer le rôle central de la recherche publique française.
C'est un profil résolument interne que l'Élysée a choisi pour prendre la tête du CNRS. Proposé à la présidence de l'organisme en mai 2026, Thierry Dauxois a obtenu début juin un avis favorable des commissions parlementaires compétentes, ouvrant la voie à sa nomination formelle en conseil des ministres. À 58 ans, ce physicien directeur de recherche succède à Antoine Petit, qui aura accompli deux mandats de quatre ans à la tête du Centre national de la recherche scientifique. Thierry Dauxois vient du cœur même de la maison : il y dirigeait l'Institut de physique, après avoir conduit pendant huit ans le laboratoire de physique de l'ENS de Lyon, puis exercé un an comme vice-président recherche de cette même institution. Il a également assumé plusieurs responsabilités scientifiques nationales, au sein du GDR Phénix et du Comité national de la recherche scientifique.
Son atout principal réside dans cette connaissance intime d'un organisme dont il a traversé les différents niveaux, tout en restant un chercheur actif jusqu'à une période récente. Dans un contexte budgétaire tendu pour le CNRS, ce profil à la fois scientifique et institutionnel est perçu comme un gage de crédibilité, aussi bien en interne qu'à l'égard des universités partenaires avec lesquelles les relations méritent d'être apaisées et clarifiées.
Lors de ses auditions parlementaires, Thierry Dauxois a dessiné les grandes lignes de son projet pour le CNRS. Il a plaidé pour un investissement soutenu dans la recherche, rejeté sans ambiguïté l'idée d'un gel des recrutements et défendu une simplification administrative fondée sur la “confiance a priori” accordée aux chercheurs. Il a également insisté sur la défense des libertés académiques et affirmé avec force que “la science n'est pas une opinion”, une formule qui résonne comme un engagement dans le contexte actuel de montée des discours anti-scientifiques. Autant de positions qui dessinent un président attendu sur sa capacité à réorganiser l'organisme, à en défendre les moyens et à réaffirmer le rôle central de la recherche publique française.