Sommet international de l'Espace : Venturi Space dévoile son astromobile lunaire
L'entreprise pilotée par le Monégasque Gildo Pastor présente à Paris Alta Luna, un véhicule utilitaire destiné aux futures bases habitées sur la Lune, confirmant ses ambitions dans les technologies critiques de mobilité spatiale. De la science-fiction à la réalité, le pas est en train d’être franchi.
À l'occasion du Sommet international de l'Espace, qui s'est ouvert aujourd'hui et réunit jusqu'à demain 10 septembre au Grand Palais à Paris environ 2 000 participants venus de plus d'une centaine de délégations, Venturi Space a dévoilé Alta Luna, une astromobile compacte conçue pour les opérations de proximité autour des futures bases lunaires. Un design très léché et des technologies particulièrement sophistiquées. Pour l'entreprise dirigée par le Monégasque Gildo Pastor, cette annonce marque une évolution stratégique : au-delà de la mobilité lunaire expérimentale, il s'agit désormais de préparer des infrastructures et des véhicules d'usage quotidien pour l'exploration humaine du satellite naturel de la Terre. (Photo DR : l'étonnante astromobile de Venturi Space au dessin très futuriste.)
Venturi Space : une stratégie de mobilité lunaire de long terme
Présenté comme un véhicule utilitaire monoplace à chenilles d'environ 300 kg, Alta Luna se distingue par sa compacité et sa grande manœuvrabilité, ainsi que par une capacité de franchissement élevée sur les terrains lunaires les plus irréguliers (régolithe, pentes, roches et poussière abrasive). Deux modes de pilotage sont prévus : avec un astronaute à bord, ou de manière autonome grâce à une combinaison de LiDAR, de caméras stéréo et d'intelligence artificielle, cette dernière pouvant également assister le conducteur. En configuration autonome, le véhicule pourra assurer des opérations d'excavation, de nivellement et de préparation de terrain, ainsi que le transport de charges, plusieurs unités pouvant être coordonnées entre elles sur une même mission. “J'aime concevoir des véhicules pour les environnements extrêmes, mais j'aime surtout les voir prouver leur pertinence en conditions réelles”, relève Gildo Pastor.
Ce nouveau concept s'inscrit dans une stratégie de mobilité lunaire de long terme, développée depuis plusieurs années par Venturi Space à travers ses roues hyper-déformables, ses batteries haute performance et ses systèmes de traction. L'entreprise s'est notamment fait connaître par le programme Mona Luna, rover européen à propulsion électrique, ainsi que par ses collaborations avec des partenaires américains, dont Venturi Astrolab, qui a abouti sur l'astromobile CLV-1 sélectionnée par la NASA pour transporter les astronautes du programme Artemis à la surface de la Lune à partir de 2028. “Sur la Lune, il faudra construire, aménager, transporter, entretenir et connecter”, explique le Dr Antonio Delfino, Directeur de Venturi Space, évoquant la nécessité d'une flotte de moyens de mobilité spécialisés pour cette nouvelle phase de l'activité lunaire.
Cette ambition s'appuie sur un outil industriel conséquent. En juin dernier, lors du sommet Choose France, Venturi Space avait annoncé un investissement de 250 millions d'euros pour l'implantation à Toulouse d'un centre de technologies de 16 000 m², dédié à la conception et à la fabrication des technologies critiques pour la mobilité lunaire et martienne, ainsi qu'à l'assemblage de ses astromobiles. Près de 200 emplois hautement qualifiés doivent y être créés d'ici 2030, ce site devant devenir, selon les mots de son Président, le “vaisseau amiral” de Venturi Space en Europe, en lien avec les antennes suisse et monégasque du groupe.
En présentant Alta Luna dans le cadre de ce sommet parisien Venturi Space s'offre une visibilité stratégique, à un moment où la France et l'Europe cherchent à renforcer leur autonomie face aux États-Unis et à la Chine dans le domaine spatial. Un enjeu d'autant plus sensible que l'édition est marquée par l'absence annoncée des poids lourds américains (SpaceX, Blue Origin, Stoke Space et Starcloud). Certes, le projet Alta Luna en est encore au stade du concept : calendrier de développement, niveau de maturité technologique, partenaire de lancement ou sélection par une agence spatiale ne sont pas encore précisés. Mais le coup d'envoi est bel et bien donné.

