Sommet mondial IASP à Sophia : les technopoles en quête d’une “tech pour l’humanité”
Un grand moment tech pour la Côte. Du 27 au 30 octobre, elle accueille la 43e conférence mondiale de l’IASP (Association internationale des parcs scientifiques et territoires d’innovation). Entre Sophia Antipolis et le Palais des Festivals de Cannes, près de 1 500 participants venus du monde entier vont se poser une question fondamentale : comment mettre l’innovation technologique au service de l’humain ?
Quarante-deux ans après avoir participé à sa fondation, Sophia Antipolis reçoit le grand rendez-vous annuel de l’IASP (International Association of Science Parks and Areas of Innovation). Ce réseau rassemble des parcs scientifiques, des technopoles et des quartiers d’innovation sur tous les continents. Son congrès n’est pas un salon de produits : c’est un lieu d’échange pour ceux qui construisent les écosystèmes d’innovation. On y parle de la façon d’attirer des entreprises, de rapprocher laboratoires et industrie, d’accompagner les startups et de nouer des coopérations internationales. Directeurs de parcs, chercheurs, entrepreneurs, investisseurs et décideurs publics, près de 1 500 personnes sont attendues pendant quatre jours par les organisateurs. Un sommet qui se jouera entre Sophia, première technopole européenne qui est le territoire hôte, tandis que l’essentiel des conférences aura lieu à Cannes, au Palais des Festivals, champion du monde de l'événementiel. (Photo DR).
Le thème de cette édition donne le ton : “Tech for Humanity: Shaping Values for a Human-Centric Future”, c’est-à-dire construire des valeurs pour un avenir centré sur l’humain. La question posée n’est plus seulement “quelle sera la prochaine technologie ?”, mais “à quoi doit-elle servir, et qui en profite ?”. Ce thème se décline en plusieurs sujets :
- l’intelligence artificielle responsable et l’automatisation ;
- la cybersécurité et la confiance numérique ;
- les villes intelligentes et durables, ainsi que les mobilités ;
- l’agriculture et l’alimentation de demain ;
- l’économie bleue et les technologies de l’océan ;
- l’accessibilité et la conception pour tous ;
- l’éthique dès la conception et la diplomatie scientifique.
- Pour les territoires d’innovation, ces sujets ont des conséquences concrètes. Il faut choisir quels projets accompagner, intégrer des critères sociaux et environnementaux dans leur développement, et associer les citoyens aux usages des technologies.
Le programme commence le mardi 27 octobre dans la technopole. Le bâtiment ALPHA Sophia Antipolis, à Biot, accueille une séquence d’ouverture. Le même jour, l’IASP organise un séminaire de formation d’une journée sur la gestion des parcs scientifiques, avec une inscription séparée, ainsi que des visites techniques. Ces visites permettront aux délégations étrangères de découvrir les entreprises, les centres de recherche et les établissements d’enseignement de Sophia. Le mercredi 28 octobre après-midi, le campus de SKEMA Business School reçoit les sessions scientifiques : chercheurs et praticiens y présenteront des travaux sur le fonctionnement et l’efficacité des écosystèmes d’innovation.
Au Palais des Festivals de Cannes se tiendront les grandes séances plénières et les sessions thématiques. C’est là que se confronteront les expériences internationales sur une innovation “centrée sur l’humain”. Pour l’écosystème régional, un rendez-vous est à suivre de près : la Région Sud y organise une table ronde sur le lancement de la phase 2 de son Plan Sud IA, suivie d’un temps de rencontres entre start-up, entreprises, laboratoires et acteurs publics de l’intelligence artificielle. Ateliers, rencontres professionnelles et soirées de réseau à Sophia Antipolis et à Antibes compléteront le programme jusqu’au vendredi 30 octobre.
Ce sommet est une vitrine précieuse pour Sophia Antipolis. La technopole va présenter son modèle à ses homologues du monde entier, au moment où elle veut s’affirmer comme un pôle majeur de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et du quantique. Les retombées possibles sont nombreuses : coopérations scientifiques, échanges entre incubateurs, accords entre parcs, contacts pour des startups qui veulent se développer à l’international, ou projets d’implantation d’entreprises étrangères. Pour Cannes et la Côte d’Azur, l’événement conforte aussi la place du territoire dans le tourisme d’affaires de haut niveau. Autant de retombées possibles. Mais déjà, en plaçant l’humain au cœur du débat technologique, l’IASP va donner à Sophia l’occasion de montrer que son avance dans le numérique peut aussi servir des enjeux de société.