Sophia Antipolis : la montée en puissance de la Fondation
Réorganisée en 2023 pour jouer le rôle d’agence d’attractivité de la technopole, la Fondation Sophia Antipolis est devenue un élément essentiel. Cela tant dans l’accompagnement des projets d’investissement, nouvelles implantations et entreprises déjà installées que dans le rayonnement international. L’assemblée générale qui s’est tenue à Alpha Sophia a permis de mesurer le chemin parcouru en 3 ans.
En trois ans, elle a fait du chemin la Fondation Sophia Antipolis. Réorganisée début 2023 pour jouer le rôle d’agence d’attractivité de la technopole que n’assurait plus un Team Côte d’Azur recentré exclusivement sur la Métropole, elle a su remplir ses nouvelles missions : contribuer au développement de la technopole et à son rayonnement international. Son assemblée générale, qui s’est tenue mercredi à Alpha Sophia sous la présidence de Jean-Pierre Mascarelli, président du Symisa et vice-président de la CASA, a pu donner un aperçu du chemin parcouru dans ces deux domaines. (Photo WTM : les membres du conseil d'administration, rejoints par les mécènes et partenaires à l'issue de l'assemblée générale).
Elle a marqué aussi l’ouverture d’une année 2026 exceptionnelle avec le lancement d’Alpha Sophia, un bâtiment exemplaire, qui concrétise par son agencement et son aménagement le concept de la “fertilisation croisée”, et la tenue en octobre du congrès mondial de l’IASP, association qui rassemble les grands parcs technologiques du monde. Une année particulièrement faste.
Alice Guilhon et Philippe Derepas entrent au Conseil d'administration
Parmi les points abordés mercredi, le renforcement du conseil d’administration. Il accueille deux nouveaux membres : Philippe Derepas, associé fondateur de DSO, dans le collège des mécènes (il vient remplacer Betty Seroussi, l’ancienne dirigeantes de Travel Planet), et Alice Guilhon, présidente exécutive de SKEMA Business School, dans celui des personnalités qualifiées. Ces arrivées représentent un double signal fort pour une fondation qui veut à la fois ancrer davantage les entreprises dans sa gouvernance et renforcer son poids national.
Derrière ce cadre institutionnel, le bilan 2025 met surtout en lumière la capacité de la Fondation à continuer d’agir malgré un contexte budgétaire tendu, entre retards de financements publics, moratoire sur certains remboursements de TVA et conjoncture immobilière défavorable.
17 nouvelles implantations en 2025
Autre point important : l’accompagnement des projets d’investissement et les nouvelles implantations. En 2025, la Fondation a rencontré environ 260 sociétés, qualifié 35 projets, mené 25 business tours et abouti à 17 nouvelles implantations, représentant 327 emplois à trois ans. Une partie importante de ces implantations concerne des entreprises françaises et européennes, un recentrage assumé à la demande du conseil d’administration, à la fois pour des raisons budgétaires et d’efficacité.
Parmi les sociétés accueillies figurent notamment Prysm, Melexis, SimWeGo, Datagog, Vyvra, Virtubiopsy ou encore Biobelt. La Fondation insiste aussi sur un second volet souvent moins visible mais jugé essentiel : l’accompagnement des entreprises déjà installées sur la technopole, qui doivent en permanence démontrer à leurs sièges ou à leurs actionnaires l’intérêt stratégique de leur implantation à Sophia Antipolis. Dans un écosystème où de nombreuses grandes entreprises n’ont pas leur siège localement, cette mission de consolidation est devenue aussi importante que la prospection exogène.
International : l'année de la conférence mondiale de l'IASP
Le deuxième axe fort de l’AG concerne le rayonnement international de Sophia Antipolis. En 2025, la Fondation a poursuivi ses actions de visibilité à travers les réseaux internationaux de technopoles, avec la participation à 14 salons et conférences et l’accueil de délégations de haut niveau. Elle a consolidé des coopérations avec des partenaires comme Research Triangle Park, le MIT ou le Monaco Economic Board, tout en ouvrant de nouvelles pistes, notamment avec Technopark Montréal.
Mais surtout, sur ce volet international, Sophia Antipolis a été retenue, après Pékin l'an dernier, pour accueillir en octobre 2026 la 43e conférence mondiale de l’IASP, sous le thème “Tech for Humanity – Shaping values for a human-centric future”. Cet événement, attendu comme un accélérateur mondial de notoriété, pèsera très fortement dans le plan d’action à venir. La Fondation veut en faire une manifestation ancrée dans l’écosystème local, avec des visites de filières, des parcours thématiques et une mobilisation des entreprises du territoire, loin d’une simple vitrine institutionnelle.
Le renforcement du club des mécènes et partenaires
Autre point saillant : le renforcement du club des mécènes et partenaires, qui devient un levier de plus en plus structurant. La Fondation compte désormais 20 membres dans son club des mécènes, répartis entre grands groupes, entreprises régionales, acteurs de l’immobilier, du numérique, de la finance et partenaires institutionnels. Au-delà du soutien financier, cette montée en puissance traduit un engagement plus direct du monde économique dans la stratégie de Sophia Antipolis.
Les mécènes soutiennent déjà plusieurs actions d’intérêt général, comme Sophia Welcomes Talents, le SophI.A Summit, le Prix Pierre Laffitte, une bourse Eurecom – SAP Labs France pour les femmes dans les sciences du numérique ou encore des initiatives autour de la tech et de la place des femmes dans l’innovation. L’objectif pour 2026 est d’animer encore davantage ce club, capter de nouveaux mécènes, notamment autour de l’IASP, et associer encore plus étroitement les entreprises aux projets structurants de la technopole.
Un soutien aux grands projets structurants...mais des équipes encore sous-dimensionnées
Enfin, le plan d’action 2026 s’organise autour de quelques priorités fortes. Outre la préparation de l’IASP, la Fondation qui dispose d'un budget annuel d'1,4 M€, veut soutenir les grands projets structurants de Sophia, renforcer les filières jugées stratégiques (IA, cybersécurité, microélectronique, sciences de la vie, défense) et poursuivre ses actions de prospection en France et en Europe avec des salons ciblés. Elle mise aussi sur la consolidation de partenariats efficaces, l’activation de nouveaux réseaux académiques comme EIT Digital, et la montée en puissance du “Meta-Campus” réunissant les quatre grandes écoles de Sophia autour de besoins communs.
Le tout avec une contrainte clairement assumée : les équipes restent sous-dimensionnées au regard des standards des grandes technopoles internationales. C’est sans doute l’un des messages de fond de cette assemblée générale : la Fondation Sophia Antipolis a démontré sa pertinence et son efficacité, mais pour continuer à jouer pleinement son rôle dans une technopole de rang européen, elle devra peut-être aussi trouver les moyens de changer d’échelle.