Sophia : BioBelt dans la lutte écologique contre les moustiques
BioBelt s'installe à Sophia Antipolis pour changer d'échelle dans la lutte écologique contre les moustiques. Née sur la Côte d'Azur, la deeptech Dipteratech rapproche sa technologie brevetée de l'écosystème sophipolitain pour accélérer sa R&D, renforcer son développement commercial et viser l'international.
Alors que le moustique tigre poursuit sa progression inexorable (présent dans 81 départements français), et qu’il est désormais associé à des épisodes de transmission locale de la dengue et du chikungunya dans le sud du pays, on regardera avec attention une entreprise azuréenne qui le combat depuis quinze ans. Connue sous la marque BioBelt, Dipteratech vient d’ailleurs de franchir une nouvelle étape en s'installant aux Cardoulines, à Sophia Antipolis pour renforcer ce combat par la technologie. Un choix stratégique assumé par son directeur général Lionel Benbassat, qui a pris les rênes de la société en janvier 2025 : “Nous avons cherché à nous connecter à un environnement favorable au développement de technologies complexes, qu'il s'agisse de software, de design produit ou de chimie fine pour nos appâts.” (Photo DR : la ceinture de protection Biobelt).
Car c'est là que réside le cœur de l'innovation BioBelt : une technologie brevetée de piégeage de masse des moustiques, sans insecticide chimique. Des modules-pièges sont disposés en réseau autour du périmètre à protéger et émettent du dioxyde de carbone ainsi que des composés volatils reproduisant fidèlement la respiration et l'odeur humaine pour attirer les moustiques. Une fois attirés, les insectes sont aspirés et déshydratés. Le résultat, validé scientifiquement par une étude IRD/CNRS–CHU de Nice, est éloquent : une réduction des piqûres de 50 % dès la première semaine, et leur quasi-disparition à partir de la sixième. La solution est déjà déployée dans des villas de prestige, des hôtels 4 et 5 étoiles, des résidences et des sites touristiques, dont le Domaine du Mas de Pierre à Saint-Paul-de-Vence.
Forte de 15 collaborateurs et d'un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros, Dipteratech entre ainsi aujourd'hui dans une phase d'accélération appuyée par deux tranches de levée de fonds réalisées en 2025, pour un montant cumulé de plus de 600 000 euros. Fait remarquable : sept clients de l'entreprise ont choisi d'investir à son capital, signe de confiance dans la technologie. Une troisième tranche est en préparation, visant un million d'euros levés, pour financer trois priorités : la R&D, la structuration opérationnelle et le développement commercial à l'international. C'est précisément pour avancer sur ces fronts que la proximité avec l'écosystème de Sophia Antipolis (spécialisé en électronique, logistique et IA) représente un levier concret.
Historiquement orientée vers les particuliers, qui représentent encore 80 % de la clientèle, l'entreprise entend rééquilibrer son portefeuille en faveur du B2B haut de gamme : hôtels, résidences de standing, sites touristiques. Une offre d'abonnement mensuel sans investissement initial a déjà été lancée en ce sens. Sur le plan géographique, BioBelt est déjà implantée dans plusieurs régions françaises ainsi qu'en Italie et à Ibiza. La Méditerranée constitue la zone de consolidation prioritaire, avant une expansion européenne plus large et un développement hors Europe envisagé à l'horizon 2026-2027.
Son objectif : atteindre 10 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici trois à cinq ans, en s'appuyant sur des synergies sophipolitaines et un positionnement haut de gamme assumé. À l'heure où la lutte contre le moustique tigre devient un enjeu sanitaire de premier plan pour les collectivités et les professionnels du tourisme méditerranéen, BioBelt compte bien faire valoir son avance technologique et la porter à l'échelle européenne.