Sophia : l’ETSI s’allie au Japon et à la Corée pour bâtir un “3GPP de l’IA”

L’organisme européen de normalisation basé à Sophia Antipolis a signé à Séoul une lettre d’intention avec ses homologues japonais TTC et coréen TTA pour étudier la création d’un AI Partnership Project, sur le modèle qui a façonné les générations successives de la téléphonie mobile.

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L’ETSI, l’Institut européen des normes de télécommunications installé à Sophia Antipolis, veut transposer à l’intelligence artificielle la recette qui a fait le succès des normes mobiles mondiales. Le 2 novembre à Séoul, il a signé une lettre d’intention avec la Telecommunications Technology Association (TTA) de Corée du Sud et le Telecommunication Technology Committee (TTC) du Japon, afin d’explorer la création d’un AI Partnership Project (AIPP). Ce partenariat mondial, piloté par l’industrie, s’inspirerait du modèle collaboratif du 3GPP, l’organisation qui élabore les standards de la 2G à la 5G et dont l’ETSI, la TTA et la TTC sont des partenaires historiques. (Photo DR : à Séoul, Jan Ellsberger -à gauche- et ses homologues coréen et japonais). 

L’initiative répond à une demande croissante des grands acteurs de l’IA en faveur de standards communs, garants d’une IA sûre, interopérable et centrée sur l’humain. Elle fait écho à la volonté européenne, exprimée par Ursula von der Leyen au Tallinn Digital Summit, de faire des normes européennes des normes mondiales grâce aux partenaires de confiance.

Les dirigeants de l’ETSI insistent sur la dimension pragmatique du projet. Pour Bettina Funk, présidente de l’Assemblée générale, la coopération mondiale est indispensable en matière de normalisation de l’IA, “même si les priorités et les attentes ne sont pas toujours les mêmes”, et ce partenariat doit permettre aux membres de l’ETSI d’avancer sur des standards répondant à des besoins concrets. Markus Mueck, président du conseil d’administration, souligne que l’IA évolue à une vitesse sans précédent : l’AIPP offrirait une plateforme unique pour aligner les priorités de l’industrie, du monde académique et de la recherche, accélérer l’élaboration des normes et garantir les niveaux de confiance, d’interopérabilité et de passage à l’échelle nécessaires à une adoption massive. Le projet est conçu comme un complément aux initiatives existantes, et non comme un substitut.

Pour Jan Ellsberger, directeur général de l’ETSI, cette signature marque une étape importante dans le renforcement de la coopération internationale, en s’appuyant sur des partenariats déjà bien établis entre les trois organisations. L’objectif est d’accompagner le développement et le déploiement responsables de l’IA, en Europe comme à l’international, selon une approche fondée sur la sécurité, la durabilité, la confiance et l’interopérabilité. L’ETSI appelle d’ailleurs d’autres partenaires et acteurs de la normalisation à rejoindre la démarche. Un nouveau chantier d’envergure pour l’organisme sophipolitain, l’un des trois seuls reconnus officiellement par l’Union européenne comme organisation européenne de normalisation, qui fédère plus de 900 membres issus de plus de 60 pays.

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