Sophia : flash sur une opération exemplaire de réemploi de mobilier d’entreprise
Cadence, qui a emménagé dans de nouveaux locaux à Sophia Antipolis, tenait à un changement complet de son mobilier. L’opération de réemploi, montée avec la société sophipolitaine Mobidiq, a permis de préserver de la déchetterie 80 % du mobilier de ce site de 130 collaborateurs. Bon pour la planète et pour les finances.
À Sophia Antipolis, les mouvements d'entreprises (déménagements, réaménagements, fusions) génèrent chaque année des volumes considérables de mobilier peu usé mais mis au rebut, faute d'entrer dans les critères de design ou d'usage des nouvelles installations. C'est pour répondre à ce gaspillage structurel que Valérie et Julien Bacon, qui avaient fondé Ergo Office spécialisée dans l’immobilier ergonomique, ont eu l’idée de lancer Mobidiq en juillet 2024 sur un concept de réemploi. Dix-huit mois après sa création, la startup, qui a déjà opéré en France et à l’international, vient de réaliser l'une des plus importantes opérations de réemploi de mobilier de bureau de la technopole en partenariat avec Cadence Design Systems, société américaine de conception assistée par ordinateur présente à Sophia Antipolis depuis 1997 et forte de 130 collaborateurs sur le site.
L'opération a mobilisé un dispositif complet en plusieurs étapes : diagnostic exhaustif du parc mobilier, ventes aux particuliers (70 sièges, 40 armoires, 10 bureaux réglables en hauteur), ventes aux entreprises ayant permis d'équiper intégralement trois sociétés dont La Miroiterie à Grasse et un espace de coworking près de Tours, cession aux collectivités dont les Mines Paris PSL dans le cadre de la loi AGEC, et transformation de parois acoustiques en isolant pour une école primaire des Alpes-Maritimes.
Le reliquat a été orienté vers le recyclage via Valdélia. Pour l'ensemble des opérations de manutention et de logistique, Mobidiq a fait appel à des structures de l'économie sociale et solidaire (Solicités à Grasse, La Courtoise à Brignoles, Clarisse Environnement) générant au passage plus de 100 heures de travail à impact social.
Le bilan quant à lui est parlant : 80 % du mobilier réemployé, 12 tonnes préservées, 22 tonnes de CO2 équivalent économisées. Sur le plan financier, l'opération s'avère également rentable pour Cadence : comparée à une mise en déchèterie intégrale qui aurait coûté plus de 10 000 euros, elle s'est traduite par un gain net de plus de 21 000 euros (l'équivalent de quinze postes de travail neufs) qu'elle réinvestira en matériel de prévention des troubles musculo-squelettiques pour ses collaborateurs. Une démonstration concrète que réemploi et performance économique ne sont pas incompatibles, et un modèle que Mobidiq entend bien reproduire à grande échelle dans l'écosystème sophipolitain.