Sophia : Orus rejoint French Tech 2030 pour accélérer son ambition spatiale
La startup spécialisée dans l’imagerie hyperspectrale figure parmi les 80 entreprises de la promotion 2026. Après une levée de 5 millions d’euros et un contrat de 3 millions avec l’Agence spatiale européenne, elle bénéficiera d’un an d’accompagnement renforcé pour soutenir son développement.
Une nouvelle reconnaissance nationale pour Orus. La startup sophipolitaine du newspace intègre la promotion 2026 de French Tech 2030, le programme de la Mission French Tech consacré aux entreprises développant des technologies stratégiques. Elle figure parmi les 13 lauréats du secteur spatial, au sein d’une sélection de 80 entreprises couvrant huit domaines, de l’intelligence artificielle à la santé, en passant par le quantique et les semi-conducteurs. Cette troisième promotion vise à faire émerger des acteurs capables de renforcer l’autonomie technologique française et européenne, en transformant leurs innovations en capacités industrielles et commerciales.
Spécialiste de l'imagerie hyperspectrale
Créée en 2024, issue de Sophia Engineering et accompagnée par l’Incubateur Provence Côte d’Azur, Orus développe une constellation de cinq microsatellites d’observation de la Terre. Sa spécialité : l’imagerie hyperspectrale, qui ne se contente pas de photographier des formes, mais analyse la lumière réfléchie pour renseigner sur la nature des matériaux observés. En associant capteurs de nouvelle génération et intelligence artificielle, l’entreprise ambitionne ainsi de révéler des informations sur la composition des sols, l’état des végétaux, les matériaux ou les masses d’eau. Son objectif est de proposer une observation quotidienne pour des applications dans l’agriculture, la gestion des ressources naturelles, la surveillance environnementale, les infrastructures critiques et la défense. (Photo DR : Laurent Escarrat, CEO d'Orus -à gauche- et Vincent David, CEO de Sophia Engineering).
Cette sélection prolonge plusieurs étapes franchies en 2025. Après une levée de fonds de 5 millions d’euros annoncée en juin, Orus a signé un contrat de 3 millions d’euros avec l’Agence spatiale européenne dans le cadre du programme Copernicus Contributing Missions. Officialisé au Living Planet Symposium de Vienne, l’accord prévoit la fourniture de services de données hyperspectrales à haute résolution, notamment pour la surveillance environnementale, l’application de la politique agricole commune et le suivi d’infrastructures critiques. La startup a ainsi rejoint six nouvelles missions commerciales européennes sélectionnées pour contribuer à Copernicus. Pour Laurent Escarrat, CEO et cofondateur d’Orus, l’imagerie hyperspectrale spatiale constitue une “capacité stratégique majeure” face aux enjeux climatiques, environnementaux et sociétaux.
Ce que lui apportera French Tech 2030
Avec French Tech 2030, Orus bénéficiera pendant un an d’un accompagnement opérationnel destiné à faciliter son développement en France et à l’international. Le programme mobilise un réseau de correspondants dans plus de 60 administrations et services publics pour simplifier les démarches et aider à résoudre les difficultés rencontrées. Il prévoit également un appui à la structuration des plans de financement, à l’accès aux financements publics et aux relations avec les investisseurs privés, ainsi que des actions de visibilité et des rencontres pour favoriser les partenariats technologiques et commerciaux. Cette entrée ne constitue donc pas, en elle-même, une nouvelle levée de fonds ni l’attribution automatique d’une subvention.
La promotion 2026 bénéficie aussi du parrainage de Sopra Steria, qui met à disposition ses expertises et son réseau de grands clients publics et privés européens. Pour Orus, l’enjeu sera de transformer cette reconnaissance en opportunités concrètes : consolider ses partenariats, accéder à de nouveaux marchés et accompagner le déploiement de son offre de données spatiales. Après le soutien d’investisseurs et la contractualisation avec l’ESA, French Tech 2030 apporte ainsi un cadre supplémentaire pour soutenir son changement d’échelle, tout en renforçant la visibilité de Sophia Antipolis dans le NewSpace européen.