Sophia : Pearcode se lance avec un “Coffre-fort ADN”
La deeptech sophipolitaine vient de franchir une étape décisive en lançant début avril sa première offre commerciale : le “Coffre-fort ADN”. Dans un gramme, la possibilité de stocker les données d’un data center entier. L’ère du stockage sur ADN est ouverte.
A Sophia Antipolis, Pearcode vient de franchir une étape décisive avec le lancement de sa première offre commerciale : le “Coffre-fort ADN”, un service pilote destiné à l’archivage de données numériques critiques sur ADN synthétique. Créée en octobre 2022 par Melpomeni Dimopoulou et Marc Antonini, la startup est issue des travaux du laboratoire I3S, unité mixte de recherche du CNRS et d’Université Côte d’Azur. (Photo DR : Melpomeni Dimopoulou, co-fondatrice et CEO lors d'un TEDx Cannes où elle a présenté Pearcode).
Son pari technologique répond à une problématique devenue massive : l’explosion des “données froides”, ces données peu consultées mais essentielles à conserver, qu’il s’agisse d’archives patrimoniales, scientifiques, réglementaires ou stratégiques. Pearcode propose de les stocker non plus dans des infrastructures énergivores de type data centers, mais dans de l’ADN synthétique, avec l’ambition de réduire fortement les besoins en énergie, les cycles de migration des supports et l’empreinte carbone associée.
La promesse est spectaculaire : selon Pearcode, un gramme d’ADN pourrait à terme contenir l’équivalent d’un data center entier, tandis que la totalité des données produites par la Terre tiendraient dans quelques mètres cubes. Autre avantage majeur : les données encapsulées n’exigeraient ni eau ni électricité pour leur conservation sur de très longues périodes. L’entreprise met aussi en avant la sécurisation naturelle d’un stockage hors ligne (pas d’intrusions malveillantes possibles), ainsi qu’une capacité de relecture ciblée des informations, un point différenciant pour les usages sensibles où il faut retrouver une donnée précise sans relire l’ensemble de l’archive.
Encore en phase d’amorçage commercial, la jeune pousse azuréenne, qui est passée par l’Incubateur Provence Côte d’Azur, affirme déjà disposer de premiers clients et vise désormais la montée en puissance de son modèle. Elle travaille en parallèle à l’automatisation et à la miniaturisation de sa technologie, avec l’objectif, à horizon de quelques années, de permettre à ses clients d’écrire et de lire leurs données de manière autonome via une machine dédiée.
Récompensée à plusieurs reprises, notamment par Tech For Future 2025 et par le trophée de l’Hypercroissance “Change the World”, Pearcode illustre aussi la capacité de la recherche publique sophipolitaine à faire émerger des deeptechs à vocation industrielle. Le véritable enjeu commence toutefois maintenant : transformer l’excellence scientifique et les premiers pilotes commerciaux en un marché durable face aux solutions traditionnelles de stockage, encore ultra-dominantes.