Sophia : penser l'habitat lunaire pour repenser l'habitat terrien
Pour sa rentrée, l’association des Amis de la Fondation Sophia Antipolis nous envoie dans l’espace. La 9ème Matinée Esprit Laffitte, le 25 septembre, accueille Peter Weiss. Fondateur de Spartan Space, partenaire de l'ESA pour les missions Artemis, il expliquera comment les contraintes de l'habitat spatial pourraient, en retour, éclairer celles de l'habitat terrien de demain.
Pourquoi retourner et habiter sur la Lune, et qu’est ce que cela peut bien nous apprendre pour habiter la Terre ? C’est à cette question aussi vertigineuse que complexe que viendra apporter des réponses la 9ème Matinée Esprit Laffitte que l'Association des Amis de la Fondation Sophia Antipolis organise vendredi 25 septembre à 9 heures, à la Médiathèque Colette de Valbonne Sophia Antipolis. Concevoir un habitat lunaire impose en effet d'innover radicalement sur la sobriété énergétique, la captation et le recyclage du CO2, ou encore l'optimisation des flux en oxygène et en eau. Autant d'avancées directement transposables aux défis que pose, sur Terre, l'évolution climatique. (Photo DR).
L'invité de cette matinée, Peter Weiss, est le co-fondateur de Spartan Space, jeune pousse marseillaise. ”Enfant du Covid” née en 2021, passée par l’incubateur Provence Côte d’Azur à Sophia, elle réunit onze profils internationaux, ingénieurs mécaniciens, spécialistes de l'IA, experts du spatial, et Peter lui-même, venu de l'ingénierie sous-marine. Spécialiste des environnements extrêmes, Spartan Space s'est vu confier par l'Agence spatiale européenne la conception d'EuroHab, une yourte lunaire gonflable et autonome développée avec Michelin, Airbus, Air Liquide, Thales Alenia Space, le CNES et l'ESA, destinée à servir de refuge et de point de ravitaillement en eau, énergie et oxygène pour les futurs colons du pôle sud lunaire. La jeune entreprise travaille également, aux côtés du MEDES et de Decathlon, sur les combinaisons intra-véhiculaires que porteront les spationautes à l'intérieur des modules pressurisés.
Alors que le calendrier des missions Artemis laisse espérer un retour de l'homme sur la Lune dès 2027, Peter Weiss reviendra sur le choix stratégique du pôle sud lunaire, ses cratères en ombre permanente porteurs de glace, ses reliefs alpins et ses zones de lumière éternelle propices aux fermes solaires, un environnement aussi prometteur que hostile, où les températures oscillent entre +120°C et -240°C. Une occasion unique de dialoguer avec l'un des artisans discrets de cette nouvelle course à la Lune, et de mesurer comment les contraintes de l'habitat spatial pourraient, en retour, éclairer celles de l'habitat terrien de demain.