Sophia : Somanity se structure pour lancer ses exosquelettes abordables
Lancée par Mathieu Merian, la “medtech-robotech”, ouvre deux activités permettant de financer la partie médicale : Somanity Motion, pour la distribution d’exosquelettes et Somanity Kynava pour le sport sur un concept de “vélo électrique de la marche”. Une touche d’IA va aussi être apportée pour permettre aux exosquelettes de s’identifier dans un territoire et de s’adapter à l’évolution de la maladie du patient.
Tout a commencé par une amitié et une promesse. Encore étudiant à SKEMA Business School, Mathieu Merian se fixe un objectif aussi personnel qu'ambitieux : concevoir un exosquelette accessible pour permettre à son ami Sébastien, atteint de sclérose en plaques, de remarcher. De ce défi initial est née Somanity, une startup medtech-robotech implantée à Sophia Antipolis, structurée juridiquement en 2023 après plusieurs années de développement. Le prototype a tenu sa promesse : Sébastien a pu marcher. Mais l'aventure ne faisait que commencer. (Photo DR : Sébastien a pu remarcher avec l'exosquelette de Somanity).
La startup s'est étoffée depuis, en développant une architecture à trois branches complémentaires. Somanity Medical, le cœur historique du projet, développe des exosquelettes médicaux destinés aux personnes souffrant de handicaps moteurs ou de pathologies neurodégénératives, avec un dossier de validation de dispositif médical déjà déposé en vue d'une commercialisation. Somanity Motion, lancée l'an dernier, positionne la startup comme distributeur d'exosquelettes ergonomiques à destination des professionnels, avec une quarantaine de modèles à la vente. Enfin, une troisième activité autour du sport et de la remise à la marche, baptisée Somanity Kynava, est prévue pour septembre 2026. "Ce sont en quelque sorte des vélos électriques de la marche", résume Mathieu Merian. Une logique assumée : les deux nouvelles branches ont vocation à générer les bénéfices qui financeront le volet médical.
Ce qui distingue Somanity dans le paysage des medtechs, c'est son obsession pour l'accessibilité. Là où les exosquelettes médicaux conventionnels atteignent des prix prohibitifs, la startup vise une fourchette de 10 000 à 20 000 euros, un positionnement délibérément inclusif, rendu possible par le recours à la fabrication additive, une conception modulaire et une philosophie de frugalité technologique. Chaque dispositif, conçu à partir de modules interchangeables, adaptables aux besoins du patient, est prototypé en interne grâce à l'impression 3D pour accélérer les cycles d'itération.
Installée désormais à Alpha Sophia, la medtech va franchir une nouvelle étape en intégrant l'intelligence artificielle à ses dispositifs, en partenariat avec le LEAT. L'IA visée n'est pas décorative : elle doit permettre à l'exosquelette de se localiser dans un espace donné et, surtout, de s'adapter en temps réel à l'évolution de la maladie du patient, une fonctionnalité particulièrement précieuse dans le cas des pathologies neurodégénératives. “L’horizon de déploiement est de moins d'un an” note Mathieu Merian.
Plusieurs distinctions sont déjà venues valider la trajectoire de Somanity : prix aux Victoires by Garance, reconnaissance au WAICF 2025, présences remarquées à VivaTech et au Paris Air Show. Soutenue par l'écosystème sophipolitain (Incubateur Provence Côte d'Azur, SKEMA, Région Sud, CASA) la startup incarne une certaine idée de l'innovation de terrain : partir d'un besoin humain concret, construire une technologie accessible, et faire du plateau de Sophia Antipolis la base de lancement d'une ambition qui dépasse largement les frontières régionales.