Co-organisée par le Mastère spécialisé Entrepreneuriat Deeptech & Innovation et Dynergie, la deuxième édition du Deeptech Forum Sophia Antipolis, le 3 juin, de 10 à 16 heures sur le campus de Mines Paris - PSL, se distingue par une approche volontairement lucide : il ne s’agit pas de célébrer l’innovation de rupture, mais d’en analyser les contradictions, les fragilités et les conditions réelles de succès. Au cœur des échanges, une question centrale : comment transformer des avancées scientifiques majeures en marchés viables, dans un contexte de cycles longs, de financement complexe et de forte pression économique ? L’ensemble des acteurs de l’écosystème deeptech (chercheurs, entrepreneurs, industriels, investisseurs et institutionnels) tenteront d'y répondre.
Dès l’ouverture, portée notamment par Annette Massias, Wim Van Wassenhove et Emilie Royère, le ton sera donné avec une interrogation provocatrice : faut-il “trahir” la science pour créer un marché deeptech ? La matinée abordera sans détour les tensions entre laboratoire et marché, à travers des thèmes comme la “décohérence” entre rigueur scientifique et attentes économiques, ou encore l’illusion du “technology push”. Des intervenants issus de Bpifrance, du capital-risque, du monde académique et de l’industrie confronteront leurs points de vue sur ces trajectoires complexes, où promesses technologiques et contraintes de financement peinent souvent à s’aligner.
Au fil de la journée, tables rondes, retours d’expérience et ateliers prospectifs viendront enrichir la réflexion, notamment autour de l’échec en deeptech, encore trop tabou, et des modèles de financement jusqu’à l’industrialisation. L’événement se conclura par des ateliers de prospective territoriale imaginant l’avenir de Sophia Antipolis à l’horizon 2035. Plus qu’un simple forum, cette édition 2026 ambitionne de poser un diagnostic sans complaisance sur un secteur stratégique, à la croisée de la science, de l’économie et de la souveraineté technologique.