TEDxSKEMA Sophia Antipolis : une première “improbable” superbement réussie

Près de cinq cents participants mercredi dans le grand amphithéâtre de SKEMA pour le premier TEDx de l’histoire de la technopole. Préparée pendant un an par les étudiants du SKEMA Ventures Club, la soirée a réuni neuf intervenants venus de la science, de l’entrepreneuriat, du sport et de l’art sur le thème des Architectures de l’improbable. Autant d’expériences transmises et un enseignement à retenir : “Le probable nous protège. Mais l’improbable nous révèle.”

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Le thème était bien choisi. C’était en tout cas un thème de pleine actualité. Entre changements technologiques, géopolitiques, climatiques et autres, rarement une génération n’aura été confrontée à autant  d'improbabilités. En retenant pour le premier TEDxSKEMA Sophia Antipolis ce thème des “Architectures de l’improbable“, les étudiants du SKEMA Ventures Club faisaient aussi un clin d’œil à l’histoire de la technopole. Pierre Laffitte l’a fait naître sur un plateau aride, sans héritage industriel ni garantie de succès, et elle est devenue l’un des écosystèmes d’innovation les plus denses de France. ”Sophia Antipolis est capable d’inventer le futur, mais elle devrait aussi être capable de le raconter”, a rappelé en ouverture Mathys Cavalier, l’un des cinq membres de l’équipe organisatrice. C’est ce que la technopole a fait devant environ 500 personnes (la jauge était à 490) qui avaient rempli le grand amphithéâtre. (Photo WTM : les intervenants et les organisateur sur la scène à la fin de ce premier TEDx sophipolitain).

Car les neuf intervenants, pour la grande majorité des Sophipolitain(e)s, représentaient bien l’écosystème dans ses différents univers : entrepreneuriat, art, sport, sciences.

Frédéric Bossard, directeur de MSc à SKEMA et vice-président de Telecom Valley, a ouvert le bal. Il est parti d’une expérience menée avec ses étudiants : demander à des IA de plusieurs pays de représenter le mot “succès”. Les images obtenues se ressemblaient toutes. Il a ainsi montré le risque de voir notre pensée s’uniformiser face à des outils qui privilégient les réponses les plus probables. 

Caroline Arditti, fondatrice du Paris Ice Club, a raconté comment une première immersion dans une eau à zéro degré a ouvert la voie à une série de défis, de l’apnée sous glace à la boxe. Sa formule résume bien la soirée : “Le probable nous protège. Mais l’improbable nous révèle.”

Violaine Bô, consultante en trajectoires professionnelles, a partagé son interruption de carrière de six mois et son périple de 3 500 kilomètres à vélo qui a transformé sa vie et son regard sur le travail et les Ressources Humaines.

Frédéric Arnault, ancien arbitre assistant international et demi-finaliste de la Coupe du monde 2002, a captivé la salle avec humour. Il a raconté sa non-sélection pour le Mondial 2006, dure à avaler, mais qui a changé sa vie pas forcément dans le mauvais sens.

Le duo formé par Dominique Vian, professeur associé à SKEMA et spécialiste de l’effectuation, et l’entrepreneur Quentin Tousart a apporté une nuance précieuse sur les possibilités de résilience. Leurs parcours sont marqués, pour le premier, par la naissance d’une fille atteinte d’une maladie rare et, pour le second, par un échec entrepreneurial à 200 000 € de pertes. Tous deux, qui ont travaillé ensemble, invitent à remplacer le “pourquoi cela m’arrive-t-il ?” par un “de quoi cette situation est-elle le moyen ?” pour rebondir.  

Léa Vandeveld, jeune peintre niçoise, a présenté avec beaucoup de chaleur, une démarche artistique qui va jusqu’à créer des œuvres à partir de maquillage recyclé, démarche qui a connu un succès qui apparaissait lui aussi improbable.

La science complétait le plateau. Élie Hachem, directeur du CEMEF (Mines Paris-CNRS) et double lauréat d’une bourse ERC, a présenté l’apport du calcul intensif et de l’IA au traitement des anévrismes cérébraux.

Stéphanie Godier, astrophysicienne, nous a emmené dans l'infiniment grand et nous a conduit à une question pour l'instant sans réponse convaincante : comment l’Univers a pu produire quelque chose d’aussi improbable que la vie ? De quoi conclure les débats.

On retiendra de cette soirée outre bien sûr la qualité des conférenciers (l’exercice n’est pas facile), l’accueil par les étudiants de SKEMA, l’animation sur scène rythmée et détendue, le côté chaleureux de la soirée avec une pause networking entre deux séquences d’intervention. Pour un coup d’essai, le TEDxSKEMA Sophia Antipolis a réussi son pari. Les captations vidéo des conférences, réalisées par une société spécialisée, devraient prolonger la portée de la soirée bien au-delà de l’amphithéâtre, selon la vocation des TEDx : partager “des idées qui méritent de l’être”. Reste maintenant à transformer l’essai. Sophia Antipolis tient peut-être là un nouveau rendez-vous annuel.

Photo WTM : amphithéâtre plein pour ce TEDx historique.
Photo WTM : amphithéâtre plein pour ce TEDx historique.

 

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