Telecom : une première à Sophia pour le CDRT PACA
Pour sa première soirée en région PACA, le Club des Dirigeants Réseaux & Télécoms a réuni le 9 juin une trentaine de professionnels de l'IT et des télécoms dans la technopole, autour d'une table ronde qui a bousculé bien des idées reçues sur le recrutement.
Une première dans la “Telecom Valley”. Présidé désormais par Bertrand Pourcelot, le dirigeant d’Enreach, le CDRT (Club des Dirigeants Réseaux & Télécoms) s’est réuni mardi soir dans les locaux de Neoditel, entreprise de télécoms et services numériques implantée à Sophia Antipolis. C'était la première soirée en Provence-Alpes-Côte d'Azur de ce club national. Succès à la clé avec trente-cinq dirigeants, une salle pleine, et un sujet qui mobilise tous les acteurs de l'écosystème : attirer, recruter et fidéliser les talents. (Photo DR : la communauté télécom réunie à Sophia Antipolis, autour de Bertrand Pourcelot et Pascal Lenchant, fondateur de Neoditel).
PACA, la nouvelle délégation régionale
Le choix de Sophia Antipolis pour ancrer cette première n'est évidemment pas anodin. La technopole reste l'un des bassins d'emploi tech les plus denses de France, et le secteur des télécommunications y a une longue histoire. Comme l’a rappelé Bertrand Pourcelot, le club fédère plus de 200 membres organisés en quatre délégations régionales (Grand Ouest, Ouest-Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Nord) auxquelles vient désormais s’ajouter une cinquième : la PACA. Une mission commune : réunir les acteurs de l'écosystème télécoms d'entreprise, les accompagner sur les grandes transformations du secteur et les représenter auprès des pouvoirs publics et régulateurs.
La pénurie de talents ne date ni du Covid ni de la génération Z
Sur le thème “Attirer, recruter et fidéliser les talents : et si la solution existait déjà ?”, la table ronde animée par Paul Dubois a réuni quatre intervenants aux profils complémentaires : Marie Perrier, manager senior du cabinet de recrutement Adsearch à Nice, Éric Solal, fondateur et président d'engIT, Laurent Vella, Managing Director de Septeo Proptech-Preventimmo, et Patricia Wendling, DRH de Neoditel et auteure d'un ouvrage sur le télétravail. Dès les premières minutes, une idée reçue tombe : la pénurie de talents ne date ni du Covid ni de la génération Z. Les archives de l'Apec le confirment : il y a vingt ans déjà, près des trois quarts des dirigeants se plaignaient de ne pas trouver les bons profils. Ce qui a changé, c'est le rapport de force. Les candidats acceptent moins les contraintes qui structuraient autrefois les carrières, et l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle, le télétravail ou la liberté d'organisation prennent une place que beaucoup d'entreprises continuent de considérer comme périphérique.
Les leviers concrets pour séduire les talents
Le débat a mis en lumière d'autre part plusieurs leviers concrets. Sur le télétravail, Laurent Vella tranche sans ambages : “Quelqu'un qui n'est pas efficace en télétravail ne l'est souvent guère plus au bureau.” Chez Septeo, trois jours à distance restent la règle, non par idéologie mais par pragmatisme : forcer le retour sur site risque de retenir les moins engagés et de faire partir les meilleurs. Sur le recrutement lui-même, Marie Perrier enfonce le clou : trop d'entreprises cherchent encore “quelqu'un comme celui qui part”, sans remettre le poste à plat. “Réduisez vos process parce que sinon ils vont ailleurs”, résume-t-elle. Patricia Wendling va plus loin en retournant la question vers les dirigeants eux-mêmes : “Oui, la solution commence déjà par changer notre regard, changer nos arrogances, changer nos exigences.”
L'effet IA
L'intelligence artificielle a naturellement occupé une part importante des échanges. Marie Perrier constate déjà la réduction de certains postes d'assistanat et la disparition de missions autrefois confiées à des alternants. Éric Solal utilise l'IA pour trier les candidatures manifestement hors sujet, mais refuse qu'elle décide : les profils relégués en bas de pile peuvent correspondre à un autre besoin. Laurent Vella décrit chez Septeo une acculturation progressive, portée par des ambassadeurs IA travaillant aux côtés des équipes métier, avec un impact déjà visible sur les effectifs, chaque départ ne donnant plus lieu à un remplacement à l'identique. Patricia Wendling compare la technologie à un train déjà entré en gare, et souligne que chez Neoditel, une partie des salariés utilise déjà Claude, Gemini ou ChatGPT sans toujours le déclarer. Une limite guide cependant les choix : la souveraineté des données passe avant le prix.
Un secteur qui s'est réinventé en permanence
Pour sa première implantation événementielle en PACA, le CDRT a rempli la salle et prolongé les débats autour d'un cocktail dînatoire. Bertrand Pourcelot l'a rappelé en introduction : en vingt-cinq ans de télécoms, le secteur s'est réinventé en permanence : Voice, Cloud, mobile, vidéo collaboration, IA, Workflow Automation, satellites. La technopole de Sophia Antipolis, qui a vu naître et grandir nombre de ces révolutions, reste un terrain naturel pour ces échanges. Le CDRT PACA entend désormais y construire une présence régulière, au carrefour d'un écosystème télécoms et numérique qui n'a pas fini de se transformer.