French Riviera Open : l'élite mondiale du tennis fauteuil joue sa finale à Sophia
Jusqu'à dimanche 4 octobre, la Mouratoglou Academy de Biot accueille la 10ᵉ édition du plus grand tournoi de tennis fauteuil au monde. Un rendez-vous sportif de tout premier plan, mais aussi un plaidoyer pour le handisport, deux ans après des Jeux paralympiques de Paris dont l'élan semble déjà retombé.
Depuis mardi 29 septembre, les courts de la Mouratoglou Academy, à Sophia Antipolis, vivent au rythme du French Riviera Open. Classé ITF 1000, soit le plus haut niveau du circuit après les Jeux paralympiques et les tournois du Grand Chelem, le tournoi réunit 72 des meilleurs joueurs et joueuses de la planète dans les tableaux masculins, féminins et quad, en simple comme en double, pour une dotation de 45 000 dollars. Le plateau est à la hauteur de ce statut : chez les femmes, la Néerlandaise Diede De Groot, six fois titrée à Biot dont les cinq dernières éditions, fait figure d'épouvantail, tandis que la Marseillaise Ksénia Chasteau, numéro 1 française, finaliste à Roland-Garros et demi-finaliste à l'US Open, vise un premier sacre. Chez les hommes, la question est de savoir qui détrônera l'Argentin Gustavo Fernandez, vainqueur en 2024 et 2025, et en quad, le Néerlandais Sam Schröder, déjà trois fois lauréat, part favori. (Photo DR : les élus de la CASA -Jean Leonetti, Eric Pauget et Jean-Pierre Dermit- et Annette Massias, directrice du Campus Laffitte de Mines PSL avec les organisateurs du tournoi).
Cette édition anniversaire a aussi été riche en histoires : le retour à la compétition du Suédois Stefan Olsson, champion paralympique de double, invité par l'organisation, celui de la Française Emmanuelle Mörch après une pause maternité, ou encore les grands débuts de Charline Mayer chez les quads et de l'Algérienne Imane Toubal à Biot. Mais l'ambition du tournoi dépasse le seul enjeu sportif. Plus de 500 scolaires sont venus découvrir le tennis fauteuil et rencontrer les joueurs, et des initiations en fauteuil sont proposées au public, l'objectif affiché étant de faire évoluer le regard sur le handicap.
Un combat d'autant plus nécessaire que le contexte est difficile. Ancien numéro 1 mondial et créateur du tournoi, Michaël Jérémiasz ne cache pas sa déception face à un après-Paris 2024 qui n'a pas tenu ses promesses. “Alors que l'on pensait avoir un plus grand soutien, cette année a été la plus compliquée pour nous. De nombreux partenaires privés se sont retirés”, confie-t-il à Nice-Matin, appelant le public à se mobiliser : “C'est un acte militant, engagé.”
L'appel est lancé pour le week-end des demi-finales et finales, samedi 3 et dimanche 4 octobre, avec une tribune de 500 places et la fanfare de Roland-Garros pour l'ambiance. La billetterie est ouverte à partir de 12 euros sur frenchrivieraopen.com, et les matchs sont également diffusés en direct sur la chaîne YouTube du tournoi. A noter aussi qu’un match du tournoi était programmé ce vendredi à 11 h sur Canal+ Sport 360.
Les entreprises de Sophia s’associent au tournoiLe French Riviera Open ne se joue pas que sur les courts. Jeudi 1er octobre, la Mouratoglou Academy a accueilli la 4ᵉ édition de sa Journée de l'emploi dédiée aux personnes en situation de handicap, présentée par l'Agefiph et co-organisée avec France Travail et Cap Emploi 06. Installée pour la première fois au cœur du tournoi, elle a changé de dimension : 25 entreprises du territoire et près de 200 candidats y ont participé. Le matin, les recruteurs ont travaillé sur leurs pratiques lors d'un atelier consacré au recrutement inclusif et d'une Fresque du Handicap destinée à interroger leurs représentations. L'après-midi a laissé place à un job dating, pendant que les équipes de France Travail et Cap Emploi 06 proposaient aux candidats coaching et conseils sur leurs outils de candidature. La journée s'est conclue par une conférence de Michaël Jérémiasz, président-fondateur du tournoi, en présence de Yanis Bacha, directeur de la communication de l'Agefiph, et d'Alexis Turpin, son délégué régional PACA. L'idée est d'utiliser la visibilité d'un événement sportif international pour faire se rencontrer des acteurs qui ne se seraient pas croisés ailleurs, et de laisser une trace durable dans les organisations au-delà du seul recrutement. Cette démarche trouve un écho particulier à Sophia Antipolis, où des entreprises de la technopole souhaitent renforcer leur engagement lors des prochaines éditions. Pour le premier parc technologique d'Europe, qui affiche régulièrement sa volonté d'attirer et de diversifier les talents, l'association avec un tournoi de cette envergure ouvre une voie concrète pour faire progresser l'emploi des personnes en situation de handicap. |