Immobilier : cette friche de Sophia transformée en quartier mixte, logements-bureaux
En visite sur le chantier de La Canopée à Valbonne, le président d’Equilis Europe, Laurent Tirot, a présenté l’avancement d’un projet de 25 000 m² mêlant bureaux et logements. Lancé sur l’ancienne friche des Espaces Sophia Antipolis, il entend rapprocher lieux de vie et d’emploi tout en limitant l’emprise au sol. Un programme en ligne avec la technopole de demain.
Abandonné après avoir été, au début des années 2000, l’un des espaces de bureaux au cœur de l’animation de la technopole, le site des Espaces Sophia Antipolis connaît une nouvelle vie. Equilis y développe La Canopée, un programme d’environ 25 000 m² réparti entre quelque 13 000 m² de bureaux et 12 000 m² de logements. “C’est un pari qu’on a pris il y a maintenant cinq ans et qui avance à grands pas”, a expliqué Laurent Tirot, directeur Europe d'Equilis lors de la visite. Pour le maire de Valbonne, Joseph Cesaro, le projet permet de renouer avec un site longtemps laissé en attente, plutôt que d’étendre encore la technopole sur de nouveaux espaces. (Photo WTM : lors de la visite de chantier organisée par Laurent Tirot, avec les élus de la CASA).
212 logements, dont 93 logements sociaux et en accession sociale
La mixité est au cœur de l’opération, à la fois entre activités et logements, mais aussi dans les parcours résidentiels. Le programme prévoit 212 logements, dont 93 logements sociaux et en accession sociale, ainsi que des logements intermédiaires et en accession libre. Selon les élus, les accédants sociaux travaillent pour 95% d’entre eux déjà sur le territoire. Une première tranche de logements (le volet social) a été livrée cet été et est occupée ; la suite doit se poursuivre jusqu’en 2027.
“On a besoin de logements intermédiaires en plus du logement social et de l’accession à la propriété”, a souligné Jean Leonetti, président de la CASA, estimant que le projet répond à une demande souvent mal couverte, celle des actifs qui gagnent trop pour accéder au logement social mais peinent à se loger ou acheter à proximité de leur emploi.
Un premier immeuble vendu à l'URSSAF
Côté bureaux, le premier immeuble 5 000 m2), vendu à la Caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes, doit accueillir l’ACOSS, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Urssaf) et être livré en fin d’année. Un second bâtiment de 7 000 m² est en construction et reste à la vente. Equilis met en avant des plateaux avec planchers et façades bois, du béton bas carbone et une architecture pensée pour le confort d’usage.
Le chantier mobilise aussi la construction hors site : des éléments de structure et de façade sont fabriqués en usine puis assemblés sur place. Le promoteur y voit un moyen d’accélérer la réalisation et de maîtriser la qualité, même si cette méthode reste, à ce stade, plus coûteuse que la construction traditionnelle.
Un conception en restanques
La ligne environnementale repose également sur la densification du bâti plutôt que l’étalement, avec plus de la moitié du site annoncée en espaces verts et plus de 800 places de stationnement regroupées en sous-sol. L’objectif est de libérer les espaces extérieurs au profit de la végétation et des mobilités douces. La conception en restanques doit s’adapter au dénivelé du terrain et préserver des vues depuis les logements comme les bureaux. Pour Jean Leonetti, cette organisation illustre une évolution nécessaire à Sophia Antipolis : “densifier à l’endroit plutôt que d’étaler”, alors que la technopole accueille de nouveaux emplois et que ses besoins en logements augmentent.
Pour Laurent Tirot, l’enjeu est de conjuguer densité urbaine, “densité verte” et intensité d’usage. La Canopée ne se résume donc pas à une simple opération immobilière : elle teste un modèle de quartier où bureaux, logements et espaces paysagers cohabitent sur une ancienne friche tertiaire. Une ambition qui rejoint celle des élus locaux : permettre aux actifs de vivre plus près de leur travail, limiter les déplacements quotidiens et répondre à la diversité des besoins résidentiels, sans renoncer à l’attractivité économique de la technopole.
